Le port de tous les défis

C’est un nouveau port qui porte une grande ambition marocaine que S.M le Roi Mohammed VI a inauguré lundi 17 février en présence du président de la Banque mondiale James Wolfensohn et de plusieurs personnalités nationales et étrangères issues du monde économique. C’est que l’événement est de taille, il est à la hauteur des attentes du pays et de son souverain nourries à l’encontre du projet en question. Le Port Tanger-Méditerranée verra le jour sur la plage de oued R’mel situé à proximité de Ksar Sghir, entre Tanger et Tétouan, en plein Détroit de Gibraltar.
L’Europe n’est pas loin. C’est dire la vocation stratégique de cette installation portuaire qui sera construite juste en face du port espagnol d’Algesiras, lequel se trouve à quelque 30 km. Tout un symbole. Le Maroc qui regarde l’Espagne ! Cela vient rappeler encore une fois que ces pays amis et voisins sont condamnés à s’entendre et à travailler ensemble et non à se tourner le dos et à s’ignorer comme s’ils étaient deux entités distinctes.
Loin d’être fortuit, le choix du site souligne en effet la volonté du Maroc de se réapproprier sa dimension méditerranéenne et d’être présent sur un espace politiquement et économiquement important. En plus, ce port, qui à l’origine devait voir le jour sur l’Atlantique, représente un formidable atout pour la relance du développement de la région nord du Royaume et de son désenclavement. Sans oublier le rôle central qu’il peut jouer en matière de stimulation des échanges commerciaux entre les différents partenaires du Maroc. En tout cas, beaucoup d’espoirs sont placés dans cette nouvelle réalisation.
Tanger-Méditerranée est un chantier immense, un complexe de grande envergure dont les travaux seront achevés en 2007. En plus de la zone et des équipements portuaires, elle comprendra des zones franches industrielles et touristiques ainsi qu’une zone franche commerciale et financière. L’enveloppe totale de l’investissement est estimée à près de 11 milliards de Dhs. Deux institutions financent le gros de l’investissement: le Fonds Hassan II (2 milliards de Dhs) et le Fonds Abu Dhabi ( autour de 3 milliards de Dhs). Le reste du financement sera pris en charge par des opérateurs privés. Les différents marchés seront attribués dans le cadre d’appels d’offres auxquels participeront des entreprises marocaines et étrangères. On se bouscule déjà au portillon depuis quelques mois… Le nouveau port sera-t-il compétitif et rentable ? Les études faites dans ce sens sont en tout cas optimistes. Pourra-t-il concurrencer le port d’Algésiras ? Les professionnels maritimes marocains sont confiants ne serait-ce que parce que le port de oued R’mel sera le point de débarquement et d’embarquement des RME qui transitaient jusqu’ici par le port de Ceuta occupé. Ce qui n’est pas pour arranger les affaires de ce dernier.

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