Le procureur général espagnol retient une plainte contre les tortionnaires du Polisario

La plainte pour génocide, déposée en décembre 2007 à Madrid contre des responsables du Polisario et de l’Algérie, vient de connaître une nouvelle tournure. La plus haute juridiction pénale en Espagne, -l’Audience nationale -, vient d’approuver les résultats d’une expertise médicale effectuée, récemment à Laâyoune, sur d’anciens détenus sahraouis dans les geôles du Polisario. C’est ce que vient d’affirmer Ramdane Ould Messaoud, président de l’Association sahraouie des droits de l’Homme (Assadeh). L’ONG, à l’origine de la plainte, indique avoir reçu, mercredi dernier, une lettre de la part du procureur général près l’Audience nationale, dans laquelle ce dernier déclare recevables les résultats de l’expertise médicale réalisée par le responsable de l’Institut de médecine légale de Casablanca, le professeur Issam Béni Aïch, et le docteur Amal Bouimejane, du même institut. Selon cette lettre, dont copie est parvenue à ALM, les résultats de l’expertise seront pris en considération dans l’instruction de la plainte, ce qui ouvre la voie à des poursuites judiciaires contre les responsables des pratiques de tortures sur d’anciens prisonniers sahraouis dans les bagnes de Tindouf. Contacté par ALM, Ramdane Ould Messaoud, président de l’Assadeh, a affirmé que le diagnostic livré par les médecins légistes marocains relève des traces de tortures à la fois physiques et psychologiques sur d’anciens détenus du Polisario. Parmi les victimes, qui sont au nombre de 28, figurent Hussein Beïda, président de la Commission des droits de l’Homme, relevant du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (Corcas), et Dahi Aguay, président de l’Association des portés disparus au Polisario (APDP). «L’approbation des résultats de l’expertise médicale par la justice espagnole permettra de passer à une nouvelle étape dans l’instruction de la plainte, ce qui permet d’engager une nouvelle procédure contre les responsables des exactions», estime le président de l’Assadeh, qui agit en tant que partie civile auprès de l’Audience nationale, d’autant plus qu’un grand nombre des victimes ont la double nationalité marocaine et espagnole. M. Ould Messaoud précise que l’approbation des résultats de l’expertise médicale impliquera la promulgation de citations à comparaître contre les responsables des tortures. Ces développements ont déjà suscité de grosses craintes chez les dirigeants du Polisario, notamment le représentant du front en Espagne, Brahim Ghali, qui a dû quitter son poste madrilène doré fin décembre pour se contenter d’un poste moins confortable à Alger. Mais la cavale de cet ancien tortionnaire risque d’être de courte durée, fût-il même protégé par les autorités algériennes. Il en va de même pour le coordinateur du Polisario auprès de la Minurso, M’Hammed Khaddad, Sid Ahmed Batal (ancien responsable du soi-disant ministère de l’Information de la chimérique « république sahraouie »),  Bachir Mustapha Sayed (frère du défunt président fondateur du Polisario, El Ouali Sayed), et Mahfoud Ali Beïba (négociateur en chef du Polisario à Manhasset). Ces derniers seront poursuivis pour « crimes de guere, tortures, disparitions forcées, détentions illégales et graves violations des droits de l’Homme).
Des officiers supérieurs de l’armée algérienne seront également poursuivis pour « complicité » et pour avoir couvert ces exactions qui se déroulaient sur le territoire algérien, avec la participation d’agents de la sécurité militaire algérienne.

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