Le réquisitoire de l’ex-procureur

Le réquisitoire de l’ex-procureur

ALM : Que pensez-vous des dernières déclarations du ministre de la Justice sur la transhumance des parlementaires et la corruption qui en découle?
Bouâzza Ikken: Sur un plan personnel, je tiens à préciser tout d’abord qu’avant les élections législatives du 27 septembre 2002, je disposais de deux groupes parlementaires. C’était au moment de notre départ du MNP pour créer l’Union Démocratique. Je disposais donc de 29 élus dans la Chambre des conseillers et 25 dans celle des représentants. Je ne suis donc pas parti de zéro. Au contraire. Je me suis contenté de consolider des acquis dont je bénéficiais déjà.
Mais pourquoi avoir à récupérer des députés, puisque vous les aviez déjà?
Effectivement, à la veille des élections législatives, mon grand problème a été celui des agréments. Le scrutin de liste ne facilitait pas les choses. Dans plusieurs circonscriptions, l’Union Démocratique possédait deux candidats qui avaient toutes des chances de réussir. C’est la raison pour laquelle nous avons demandé à d’autres partis politiques de cautionner certains de nos candidats. Mais après les élections, au moment de la constitution des groupes parlementaires, nous avons récupéré tous nos élus. C’est tout à fait légitime.
Pourtant, on vous accuse implicitement d’avoir acheté tous vos députés.
J’invoque à cet égard, la fameuse expression: « les chiens aboient, la caravane passe ». Si quelqu’un m’accuse de quoi que ce soit, je me ferais un malin plaisir de le poursuivre en justice. Vous avez raison, les accusateurs se contentent d’allusions. Qu’ils aient le courage de m’accuser ouvertement. Que disent-ils des résultats des communales où l’Union Démocratique a réalisé une percée extraordinaire. Il n’y a pas eu d’achat de voix, tout le monde est d’accord sur ce point.
Comment expliquez-vous alors ces allégations?
Les anciens partis politiques ne veulent pas de nouvelles formations sur le champ politique national. Ceux qui ont échoué aux élections veulent à tout prix trouver de fausses explications à leur échec.
La guerre à la transhumance pourra-t-elle affaiblir la mouvance populaire?
La mouvance suit son chemin avec sérénité. J’ai déjà préparé un projet de création d’une Fédération qui englobe les trois partis. Si nous sommes toujours séparés au Parlement, c’est que le règlement intérieur de la Chambre ne nous permet pas de profiter de meilleurs avantages d’ordre logistique.
Le ministre de la Justice a parlé d’une enquête judiciaire. Pensez-vous qu’elle va aboutir à quelque chose?
Sans flagrant délit, il est impossible de prouver une corruption. Lors des communales, certains élus ont été condamnés pour corruption. Mais il y avait des preuves tangibles. En outre, s’il y a une accusation pénale, c’est au niveau du Parlement, c’est-à-dire des présidents des deux Chambres que l’enquête doit se faire. Enfin, sur la question de la transhumance, je tiens à rappeler que le Conseil constitutionnel s’est prononcé là-dessus et qu’il a reconnu le droit aux députés de changer de parti politique.

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