Le réveil de la gauche a-t-il sonné ?

Le réveil de la gauche a-t-il sonné ?

Les porteurs de l’initiative «lettre au peuple de gauche» passent à la vitesse supérieure. Des jeunes socialistes de tous les partis politiques de gauche ainsi que des non partisans se sont réunis, samedi 1er mai, à Benslimane pour décider des suites à donner à cet appel, surtout après que la lettre ait collecté, dans quelques mois, plus de 650 signatures. Et c’est ainsi qu’ils ont convenu de se constituer en association. C’est ce que révèle un communiqué de ce mouvement, rendu public mardi 11 mai. Sous le signe «Le Maroc peut changer, il suffit d’être plus nombreux à le vouloir vraiment» les porteurs de cette initiative ont décidé d’organiser le congrès constitutif de leur association baptisée «Clarté, ambition, courage» dans les mois à venir. «Les initiateurs de «Clarté, ambition, courage» tiennent à rappeler en amont de l’organisation du congrès constitutif leur attachement aux valeurs fondamentales d’équité et de solidarité, de respect des libertés individuelles ainsi que leur foi dans les vertus du rationalisme et de la sécularisation de la société marocaine», indique le communiqué. Les porteurs de ce projet affirment, en outre, selon la même source, qu’ils apportent «leur soutien aux initiatives rénovatrices des partis de gauche et invitent tous les citoyens marocains à découvrir la lettre au peuple de gauche et à signer la pétition sur www.ambition.ma». «Nous ne nous opposons nullement aux partis de gauche. Ce que nous demandons c’est le renouvellement du discours et la rénovation des partis socialistes. Nous avons constaté que plusieurs signataires de l’appel pour le peuple de gauche sont des non partisans qui sont des socialistes, mais qui ne se retrouvent pas dans les partis politiques de gauche», affirme Omar Balafrej, membre du comité préparatoire de l’association. En effet, la lettre en question, disponible sur ce site Internet (ambition.ma), contient des critiques virulentes à l’égard des partis de gauche et en particulier l’USFP. «La gauche marocaine et en particulier l’USFP a perdu la quasi-totalité de son influence au sein de la société», lit-on dans la lettre au peuple de gauche. Les taux de participation «catastrophique» et les résultats électoraux aux législatives de 2007, puis aux communales de 2009, ajoute le document, sont «des symptômes qui ne peuvent pas être banalisés. Mais plus grave encore, la majeure partie de la gauche marocaine, après avoir perdu toute son influence, persiste et signe, jusqu’à en perdre son âme. Compromission, manque d’ambition collective, manque de courage politique et calculs à court terme qui mettent à nu l’absence d’une vision pour l’avenir du Maroc». «Signons cet appel pour entamer la discussion, rédiger une plateforme idéologique et politique de gauche. Construisons la force de gauche de demain. Une gauche où l’engagement est synonyme de Clarté, d’Ambition et de Courage», précise la lettre. Le document met en avant plusieurs interrogations sur l’avenir de la gauche. «Où est la gauche? Quelle est sa situation, aujourd’hui? Qu’a-t-elle fait, ou que n’a-t-elle pas fait pour en arriver là ? Où en sommes-nous du point de vue idéologique ? Quelles sont nos idées ? Où sont nos propositions innovantes ? Les réponses sont dures à entendre. Et les faits incontestables. La gauche marocaine est sous anesthésie», indique-t-il. La lettre précise, en outre, qu’«en majorité au pouvoir pendant près de dix ans, la gauche n’a -à quelques exceptions près- pas mis en place la moindre de ses idées sociales, pourtant mûries pendant près de 40 ans d’opposition. Bien au contraire, c’est sous des gouvernements où la gauche participait, que l’option ultra libérale – alors en cours d’implantation-, a prospéré». «Force est de constater que la majorité des partis de gauche et en particulier l’USFP, se sont transformés en petites boutiques, tenues par des leaders sans aucune autre ambition que de maintenir leur petite capacité de nuisance et de défendre ce qu’ils considèrent comme leur dû : la chance d’accéder à un maroquin ministériel ou d’être nommé à tel ou tel poste», ajoute-t-on de même source. La lettre des jeunes socialistes affirme, en outre, qu’en moins de dix ans, la majeure partie de la gauche et l’USFP en particulier ont détruit ce qu’elles ont mis 40 ans à mettre en place.

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