Le RNI sur deux pieds

Le RNI, qui avait conclu une alliance avec l’USFP juste après les élections, se trouve dans une position peu enviable après la nomination de Driss Jettou comme Premier ministre. Comme toute la classe politique, le parti d’Ahmed Osman a été littéralement sonné par la désignation d’un Premier ministre non partisan.
L’alliance avec les socialistes ayant eu pour but la constitution d’une majorité parlementaire qui leur rouvre les portes du gouvernement. Mais ces calculs dûment légitimes et normaux pour deux partis qui ont cohabité dans le gouvernement sortant ne sont pas pour autant surprenants comme l’ont laissé entendre certains. Le RNI étant un parti du centre qui a pris ses distances au fil des ans avec les pouvoirs publics a consolidé ses assises populaires sous l’influence de son charismatique dirigeant. Ahmed Osmane, en fin politicien, a toujours su tirer son épingle du jeu politique jusqu’à oser déclarer un jour des Législatives de 1997 que le RNI est un parti de centre progressiste.
Comme l’ex-Premier ministre et ex-président du Parlement sait joindre l’acte à la parole, son parti s’est démarqué avec des prises de position courageuses qui le rapprochent beaucoup plus de la gauche que de la droite qui était un allié traditionnel. Aujourd’hui, la donne a changé avec l’alliance avec l’USFP qui a commis un communiqué tranchant le lendemain de la nomination de Driss Jettou. Les socialistes, qui ont obtenu le plus grand nombre de sièges et de voix, considèrent que la primature leur revient de droit par la force des urnes. Ce faisant, les voix prépondérantes dans leur bureau politique et chez leurs militants de base les poussent à ne pas participer au prochain gouvernement. Une probabilité qui devait placer son allié le RNI dans une position inconfortable afin de n’offenser ni les pouvoirs publics, ni les socialistes.
Finalement, il semble de plus en plus sûr que le RNI a opté pour une participation au prochain gouvernement de coalition. Certaines sources parlent déjà d’une liste des ministrables qui a été adresses à SA Majesté le Roi par les dirigeants du RNI et dont le nombre des candidats varie entre 20 et 25 prétendants au siège de ministre. Il semble que les anciens ministres du RNI figure sur cette liste, ce qui suscite l’ire des jeunes cadres du parti qui sont offusqués par la mainmise de ce qu’ils appellent le clan restreint des « vieux ». Il est vrai que le RNI possède des potentialités jeunes et dynamiques pour suppléer à la vieille garde. D’autant plus que le rajeunissement des partis politiques suppose aussi le rajeunissement des militants ministrables pour suivre le sang nouveau de la nouvelle ère de la jeunesse. Et comme SM le Roi a nommé un Premier ministre technocrate, certains affirment, à juste raison, que le RNI possède des politiques technocrates qui ont depuis longtemps démontré leurs compétences respectives.

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