Le signal d’alarme

Suite aux interrogations et à la suspicion qui ont entouré l’opération d’embauche de Marocains à l’initiative de la société de transit maritime Al Najat, domiciliée à Achariqa, et suite à la visite à l’Etat des Emirats arabes unis de M. Chafik Rachid, Directeur général de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi et des compétences (ANAPEC), en compagnie de M. Reda Remi Yahyaoui, directeur de la société casablancaise d’embauche, « Initiative Groupe », qui s’était chargée de la coordination avec An-Najat, une réunion s’est tenue au siège de l’ambassade du Royaume du Maroc auprès des E.A.U., à Abou Dhabi en présence de messieurs :
– Abdellah Azmani, ambassadeur de S.M. le Roi à Abou Dhabi
– Mustapha Belhaj, Conseiller
– Moulay Hassan Machichi, conseiller économique
– Chafik Rached, Directeur général de l’ANAPEC
– Reda Rami Yahyaoui, Directeur de la société « Initiative Groupe »
– Sajid Akhbar Mohamed Ali Pasha, Directeur-responsable de la société Al Najat
– S.H. Salim, Directeur commercial à Al Najat.
La réunion avait pour but de sonder les intentions des promoteurs de l’opération d’embauche de Marocains, d’évaluer le degré de sa crédibilité, le sérieux de ses promoteurs et ses chances d’aboutir.
À travers les exposés faits par les initiateurs de cette opération et les débats qui s’en ont suivis, l’ambassade a tiré les données et les informations suivantes :
– sur la base d’une communication téléphonique entre monsieur l’ambassadeur et Cheikh Sakr Ibn Abdellah Ibn Hamid Kassimi, parrain de la dite société, ce dernier s’est déclaré non responsable de cette opération et qu’il ne garantissait l’embauche d’aucun Marocain à travers l’offre fait par An-Najat
– que le capital d’An-Najat n’excède guère les 150.000 Dirhams émirats, soit l’équivalent de 450.000 DH marocains. À notre avis, ce capital est dérisoire compte tenu de l’ampleur d’une opération qui consiste à embaucher 30.000 Marocains sélectionnés par le biais d’entreprises marocaines associées à cette opération – l’ambassade du Maroc a contacté celles de Jordanie et de Syrie, également approchées par An-Najat. Elles ont exprimé leurs réserves au sujet de cette offre tout en précisant que leur gouvernement n’est pas partie prenante de cette opération qui engage leur seul secteur privé
– les deux ambassades ont affirmé que la société An-Najat n’est, jusqu’à présent, mandatée par aucune des sociétés européennes pour le compte desquelles elle prétend recruter
– l’ambassade exprime son profond étonnement concernant le choix par An-Najat d’une seule et unique clinique médicale, au Maroc, pour procéder, contre 900 DH par candidat, aux examens médicaux ; sachant que cette même approche et cette même somme ont été également appliquées en Jordanie et en Syrie.
– Ladite société affirme ne disposer d’aucune garantie concernant le remboursement des frais médicaux des candidats non retenus.
L’ambassade a insisté auprès du responsable de la société sus-citée pour qu’il lui fournisse les noms et adresses des sociétés étrangères sur lesquelles elle s’appuie pour garantir des postes de travail.
L’ambassade lui a également demandé de lui montrer sur quel contrat, lettre, ou procuration, s’appuie son initiative de chercher des demandeurs d’emploi. Il a refusé de nous délivrer les renseignements demandés. Suite à ce comportement, nous ne pouvons pas être sûr qu’il y ait là un engagement de quelque partie que ce soit à recruter quelque nombre que ce soit des personnes inscrites au Maroc. Et le responsable de la Société An-Najat a persisté dans ses dires, affirmant qu’à l’heure actuelle, il n’a toujours pas reçu le moindre dossier complet afin qu’il puisse le présenter à la partie qui recrute et que par conséquent, on ne peut juger de la véracité ni de ses affirmations ni de ses engagements.
A cet égard, nous nous étonnons également que la partie marocaine n’ait, à l’heure qu’il est, adressé aucun dossier, ce qui nous laisse perplexes à la question de savoir quelle partie a manqué à ses engagements. Et aussi à celle de savoir pourquoi le contrat a été limité à une seule clinique et à un prix exorbitant, alors que d’ordinaire, la visite médicale n’est exigée qu’une fois que la candidature de la personne concernée est acceptée. Et c’est après cela, qu’on lui demande de compléter son dossier par un certificat médical. Si l’on tient compte de tout cela, il nous paraît très urgent que les parties marocaines contractantes avec la société An-Najat procèdent à une saisie conservatoire concernant le responsable de ladite société et s’il le faut à saisir son passeport pour lui interdire de voyager. Et ce jusqu’à ce les choses se clarifient. Sur la foi de ces données, qui démontrent l’inexistence de toutes garanties attestant de la crédibilité et de l’honnêteté de cette opération, l’Ambassade émet ses plus grandes réserves.

L’ambassadeur Abdellah Azmani

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