Le social-libéralisme qui fait défaut

L’ouverture politique du royaume s’est déroulée avec une vitesse telle que, les forces politiques en présence n’ont pas pu trouver le moyen de suivre le rythme. Le pays semble s’être retrouvé avec de grandes tendances jurant parfaitement avec la philosophie même de leur existence. Entre des socialistes qui, une fois au pouvoir, se font les ardents défenseurs d’une politique économique libérale, et des libéraux qui une fois dans l’opposition se détachent de plus en plus d’une étiquette libérale, longtemps associée aux inégalités sociales, les observateurs ne s’y retrouvent plus.
Pourtant, la nécessaire recomposition du champ politique nationale ne saurait que passer à travers le retour à une bipolarité salutaire, ou chacune des deux grande tendances, campe avec conviction sur ses principes et sa façon classique d’appréhender l’évolution du pays.
Au moment où la gauche se livre avec frénésie à l’exploration de tous les moyens susceptibles de la sortir de l’impasse, du côté de la droite c’est un quasi-calme plat, qui n’augure nullement de la tempête.
Les différentes formations politiques de la droite nationale ne semblent pas encore s’être engagées sur la voie d’un pôle de libéraux, en mesure de défendre les idéaux du libéralisme, sans complexe, ni retenue consécutive au legs du passé. Dans l’état actuel des choses, il est permis d’affirmer que la « révolution » libérale, que beaucoup estiment comme étant incontournable dans la conjoncture actuelle du pays, n’est pas pour un avenir proche.
Si l’idée est de faire avancer le pays sur deux pieds, le pôle libéral actuel n’est pas de taille à offrir une alternative valable et permettre l’alternance avec un pôle qui existe déjà. L’Union Constitutionnelle, à la démarche franchement libérale, semble s’être enlisée dans le cadre du Wifak avec des formations politiques qui ne lui permettent aucunement de développer cette propension au libéralisme et de la relooker en fonction des impératifs de l’heure.
Les libéraux marocains, même animés de la meilleure bonne volonté, semblent buter aujourd’hui contre une étiquette que des années de pratiques leur ont collée. Trop longtemps associés à des proclamations faussement libérales, prélude à des enrichissements rapides, ils ont beaucoup à faire aujourd’hui pour renverser la tendance.
Le combat est-il perdu pour autant ? rien n’est moins sûr. Pour peu que les libéraux marocains s’identifient en tant que tel et oeuvrent à la promotion de leurs valeurs de base dans le cadre du jeu démocratique.
La lutte pour la promotion de l’égalité des chances dans le cadre d’un libéralisme économique soucieux du volet social, pour l’instauration d’une société libre, juste et solidaire, pour la défense de la libre entreprise et pour l’émergence du citoyen-agissant, consommateur et confiant, livre un vaste champ d’expression au vrai social-libéralisme, où la droite pourrait trouver moyen de régénération. Pour peu qu’une réelle volonté y soit.

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