Le Souverain appelle à une nouvelle «mondialité à visage humain»

Le Souverain appelle à une nouvelle «mondialité à visage humain»

SM le Roi Mohammed VI a appelé, samedi 31 octobre, dans un message adressé aux participants à la deuxième «World Policy Conference», à une nouvelle «mondialité à visage humain», juste, équitable et participative, qui réconcilie le monde avec lui-même. Les travaux de la deuxième «World Policy Conference» se sont ouverts, samedi, à Marrakech, avec la participation de près de 120 éminentes personnalités. «Le Maroc appelle de ses vœux à une nouvelle mondialité, une mondialité juste, équitable, participative, bref une mondialité à visage humain qui équilibre, intègre, réconcilie le monde avec lui-même en injectant du sens et de la confiance», a annoncé le Souverain dans son message dont lecture a été donnée par Mohamed Moatassim, conseiller du Souverain. «Pour cela, nous devons faire en sorte que cette mondialité devienne l’affaire de tous, qu’elle soit appropriée par tous les acteurs et tous les pays, petits ou grands, aux termes d’un projet inédit et mobilisateur», a affirmé SM le Roi. Il s’agit, selon le Souverain, d’un projet de société universelle qui permettra «de renouer aussi bien avec l’esprit des Lumières, celui de Kant qu’avec celui d’Ibn Khaldoun, premier théoricien de l’histoire universelle des civilisations».
S’agissant de la crise financière internationale, le Souverain a précisé que cette crise a démontré la nécessité de changer les règles du jeu à l’échelle mondiale. «La crise financière puis économique qui a secoué toutes les grandes places internationales a suscité des interrogations, provoqué des remises en question et mis en lumière la nécessité de changer les règles du jeu à l’échelle mondiale. Cette situation incite d’ailleurs à veiller à ce que cette crise financière ne se transforme pas en une crise sociale et politique», a souligné le Souverain ajoutant que l’écroulement de certaines parmi les plus grandes institutions financières, la crise généralisée du crédit, les dérives de la dérégulation sauvage ont profondément remis en question le mythe d’une libéralisation toute puissante et omnisciente. Selon le Souverain, les failles béantes qui se sont ouvertes à cette occasion ont montré les limites de la vision fondée sur la fin de l’histoire avec la victoire du libéralisme, ainsi que celles d’un tout-marché où les Etats auraient déserté leurs responsabilités de pilotage stratégique. SM le Roi a précisé, par ailleurs, que le Maroc s’est trouvé préparé, voire à l’avant-garde de la réflexion sur les questions cruciales relatives à la crise financière puis économique, qui a secoué toutes les grandes places internationales. «Le Royaume, tout en ayant épousé et pratiqué très tôt le crédo libéral et l’ouverture économique, a été parmi les premiers et rares pays à s’attaquer à ces problèmes dans la mesure du possible, en se gardant toujours de verser dans les excès du libéralisme sauvage», a rappelé le Souverain. SM le Roi a indiqué que le Maroc a pu maîtriser et tempérer les bouleversements économiques qui ont secoué le monde entier, comme il en a relativement atténué les effets pervers, en raison notamment de son «système financier et bancaire structuré et régulé, et d’une économie équilibrée ancrée dans l’agriculture et diversifiée industriellement». Le Souverain a rappelé, en outre, que le Royaume, bien avant cette crise, «avait anticipé l’exigence de pratiquer ce que l’on peut qualifier de «gouvernance à visage humain», de sorte à modérer et à humaniser la formidable vague de mondialisation des dernières décennies». SM le Roi a noté que le Maroc s’est montré soucieux d’engager la réflexion sur nombre de questions et de suivre des orientations majeures, qui se sont révélées particulièrement pertinentes et opportunes au regard de la conjoncture actuelle, comme il a pris une série d’initiatives audacieuses et accompli d’importantes réalisations. «Notre credo de base est que la politique, dans son acception la plus noble, n’est pas morte et ne mourra pas, car elle est consubstantielle à l’homme. C’est l’art du possible et l’essence de la démocratie. En fait, elle entretient un lien plus étroit avec les gens, notamment en cherchant à se délester de toute instrumentalisation politicienne et en privilégiant la participation élargie, la proximité, la bonne gouvernance et la citoyenneté universelle», a dit le Souverain. Placée sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, la deuxième World Policy Conference, de deux jours, a constitué une occasion pour débattre de la gouvernance mondiale sous ses différentes facettes, notamment géopolitique, économique et environnementale. Initiée par l’Institut français des relations internationales (IFRI), cette conférence a servi également d’occasion pour les participants de se pencher sur sept axes principaux liés à la «Gouvernance politique», «Le droit international», «La gouvernance économique et financière», «Les mouvements migratoires», «énergie et climat», «Santé et environnement», «Eau, agriculture et alimentation».


Plaidoyer en faveur d’un retour d’un Etat stratège et régulateur


SM le Roi Mohammed VI a indiqué, samedi 30 octobre, que la crise financière et économique internationale actuelle a montré que le monde a besoin «d’un certain retour de l’Etat, non pas un Etat totalitaire, mais un Etat stratège, démocratique, moderne et régulateur, dont le rôle avait été éclipsé par les grandes avancées de l’ouverture économique libérale». «Ce besoin du retour de l’Etat s’est accompagné d’une prise de conscience accrue de la nécessité d’une gouvernance globale, équitable et capable de structurer et de réguler les puissantes forces des marchés globalisés», a précisé le Souverain dans son message adressé aux participants à la deuxième «World Policy Conference». SM le Roi a indiqué que la crise actuelle a démontré les limites de l’uniformisation et du mimétisme financier, en l’absence d’un examen préalable des pratiques y afférentes, ajoutant qu’elle a aussi confirmé le besoin de respecter dans leur diversité les hommes, les idées, les cultures et leur environnement physique et mis en exergue la nécessité d’une mondialisation élargie, inclusive, participative, à l’écoute des voix différentes et attentives aux choix différents.

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