Le système patriarcal est révolu

Je suis de père marocain, donc je suis marocain. Jusqu’à présent, les choses paraissent normales. Continuons. Je suis de mère marocaine, je ne suis pas systématiquement marocain. Pourquoi ? Et bien tout simplement, mon père est étranger. C’est à ce moment que les choses se corsent. Ceux qui s’y résignent, comme le souligne l’ancienne présidente de l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM), Mme Amina El Mrini, se rabattent sur des déclarations telles : «nous sommes régis par un système patriarcal, ce qui explique que la nationalité s’établit à partir de la filiation paternelle».
Toutefois, la majorité des citoyens en conviendra, les facteurs ayant motivé l’élaboration du code marocain de la nationalité, ont évolué. Qu’on se le dise, les temps changent. La communauté marocaine résidant à l’étranger connaît une augmentation du nombre des femmes marocaines mariées à des étrangers. La concrétisation de telles unions, se réalise la plupart du temps après la conversion du fiancé à l’Islam. En embrassant la religion de son épouse, le mari embrasse également le mode de vie, les principes et l’ambiance à la marocaine. Par ailleurs, il est un fait : c’est toujours la mère qui continue à veiller sur l’éducation des enfants.
Ces derniers profondément imbibés par «l’esprit» du pays d’origine, ne sont pas considérés, par la réglementation en vigueur comme des citoyens marocains. Encore plus : «de plus en plus de marocaines épousent des Arabes des pays du Golfe», indique Amina Mrini. Alors l’argument du maintien de l’identité des futures générations et de leur religion tombe à ce niveau. Le refus d’accorder la nationalité marocaine à des enfants issus d’unions avec des non-marocains pour ces raisons, est encore plus alarmant dans certaines situations. Quand les parents vivent ensemble, les dégâts sont moindres. Mais, qu’advient-il lors de la séparation ou du décès du père? C’est en de telles situations, que l’aspect dramatique de l’histoire monte à son paroxysme. En effet, souvent les mères réussissent à avoir la garde de leurs petits en cas de divorce.
Une fois de retour au «bercail», les petits restent considérés par la loi comme des étrangers : cartes de séjour et tout ce qui en suit. «Il faut préciser que le code du statut personnel ne reprend pas ce principe existant dans le code de la nationalité. La Moudouana ne pose pas qu’on ne puisse pas donner la nationalité en raison de l’Islam», souligne Mme. El Mrini.
Et elle ajoute que cette disposition n’existe que dans le code de la nationalité. L’ADFM se bat pour cela. Les cas qu’elle a examinés sont d’autant plus dramatiques. Alors que les choses n’évoluent que très lentement en matière de réforme de textes.

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