Le temps des extrémismes

C’est la consternation en France après l’arrivée de l’extrémiste Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle France du 5 mai. Échec cuisant de la gauche plurielle et de son candidat socialiste Lionel Jospin. Victoire qui a le goût de l’amertume pour la droite à travers le président sortant Jacques Chirac.
Contre toute attente, le paysage politique français a subi, dimanche 21 avril, un véritable séisme aux conséquences multiples. Au-delà des considérations techniques ou politiques qui ont conduit à ces résultats stupéfiants, il s’agit de lire la performance Le Pen à la lumière des véritables enjeux et des attentes réelles des Français. La progression fulgurante des idées intégristes de Le Pen dans l’électorat doit avoir une explication. Après le temps de l’émotion, celui de la compréhension. En fait, la percée considérable du FN n’est pas un cas isolé dans le contexte européen.
Dans nombre de pays, la gauche a cédé du terrain au profit de la droite extrémiste. La tendance a commencé en Autriche avec l’avènement de Jörg Haïder en Autriche, puis en Italie avec l’arrivée au pouvoir l’an dernier de Silvio Berlusconi. Ce mouvement qui semble impétueux, dont la gauche continue à faire les frais, s’est élargi ensuite au Danemark et au Portugal. D’autres pays comme la Hollande et l’Allemagne pourraient bientôt s’offrir à l’extrême droite. Inquiétant. Les couches populaires européennes sont-elles devenues dans leur majorité moins tolérantes, plus sensibles aux thèses de xénophobie ? Est-ce le prélude au retour de vieux démons que les dirigeants européens croyaient disparus à jamais? En fait, Le Pen et ses amis ont su jouer sur les peurs et les inquiétudes d’une large frange de leurs concitoyens : une mondialisation envahissante et de plus en plus insolente qui gomme les sensibilités et les différences, la montée du sentiment d’insécurité avec une explosion spectaculaire de la violence.
À cela, il faut ajouter la déferlante des étrangers, ces immigrés qui “ mangent le pain des autochtones“. À force d’agiter ces peurs en les nourrissant pendant des années par des discours populistes et démagogiques, les gens finissent par trouver dans le repli sur soi une réponse à toutes ces angoisses, qu’elles soient réelles ou factices. Deavnt ce décor de désolation, un Jean Marie Le Pen n’a qu’à se courber légèrement pour ramasser le trop plein de voix. Et pourtant, les conditions du citoyen français et de l’homme européen en général ne sont pas mauvaises. Le bien-être social et le confort de vie n’ont jamais été aussi importants. C’est naturellement que l’on comprend la réaction du PS français qui estime avoir accompli un bon travail au gouvernement pour mériter ce qui ressemble à un vote sanction. Voilà ce qui ajoute encore à la confusion.
La crainte est grande qu’à terme, le courant extrémiste soit la seule alternative crédible dans toute l’Europe comme il l’est déjà, à travers l’islamisme, dans nombre de pays musulmans. Quelle riposte aux jusqu’aux boutistes de tous les bords et de tous les pays ?

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