Le terrorisme salafiste algérien devient une menace internationale

Le terrorisme salafiste algérien devient une menace internationale

Des représailles d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) sont à craindre, surtout en Mauritanie, après un raid franco-mauritanien – ayant tué sept islamistes – pour tenter de sauver un otage français au Mali qui a été exécuté, déclarent lundi des experts à l’AFP. En revanche, les risques encourus par les deux otages espagnols qui restent détenus au Mali par l’Aqmi sont moindres, l’unité de la branche maghrébine d’Al-Qaïda qui les détient n’ayant pas du tout la même «inspiration» que celle qui a exécuté l’otage français Michel Germaneau, soulignent ces experts. «Ils ne manqueront pas d’effectuer des représailles contre la Mauritanie, où du moins de le tenter», estime Mohamed Fall Ould Oumère, politologue mauritanien et directeur du journal La Tribune à Nouakchott. «Il faut redoubler de vigilance», ajoute-t-il, en soulignant que l’Aqmi «a énormément de moyens et des cellules en Mauritanie». Il rappelle que cette organisation a «déjà tout fait» dans son pays: «attaques de l’armée, opérations kamikaze, enlèvements d’étrangers». Analyse partagée par Moussa Samba Sy, directeur du Quotidien de Nouakchott, qui indique «que l’Aqmi n’a jamais hésité à frapper» la Mauritanie. Il estime cependant qu’avec la récente offensive de l’armée mauritanienne contre des bases djihadistes au Mali, «la peur a un peu changé de camp». L’armée mauritanienne a lancé la semaine dernière plusieurs opérations contre des bases de l’Aqmi au Mali. L’une d’elles a été menée conjointement avec des soldats français le 22 juillet pour tenter de libérer Michel Germaneau, 78 ans, enlevé en avril au Niger puis transféré au Mali où il a été exécuté samedi, selon l’Aqmi. Cette offensive a fait sept morts parmi les djihadistes et visait à prévenir une attaque «terroriste» en Mauritanie prévue le 28 juillet, selon le gouvernement mauritanien. Pour justifier l’exécution de l’otage français, l’Aqmi a affirmé qu’elle avait été décidée «pour venger (…) six frères tués dans la lâche opération de la France», aux côtés des forces mauritaniennes. Un groupe d’Aqmi distinct de celui ayant exécuté Michel Germaneau, retient toujours en otage les Espagnols Albert Vilalta et Roque Pascual, enlevés le 29 novembre 2009 en Mauritanie et emmenés au Mali. Mais leur sort suscite moins d’inquiétude que celui de l’otage français, car ils sont prisonniers d’une unité dirigée par l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, alias Belawar, dont les motivations sont essentiellement financières, selon les experts mauritaniens interrogés. «Ce sont plus des commerçants que des islamistes purs et durs», souligne ainsi Moussa Samba Sy. Le groupe qui a exécuté Michel Germaneau, dirigé par un «émir» algérien extrémiste décrit comme «violent et brutal», Abdelhamid Abou Zeïd, avait déjà tué il y a treize mois un autre otage occidental, le Britannique Edwin Dyer. Ce même groupe avait en outre décapité douze soldats mauritaniens lors d’une attaque menée le 14 septembre 2008 contre une caserne à Tourine (nord-ouest de la Mauritanie), rappelle Mohamed Fall Ould Oumère. Fortes en Mauritanie, les craintes de représailles sont moindres au Mali, l’armée de ce pays n’ayant pas participé à l’opération militaire conjointe franco-mauritanienne, qu’elle a cependant autorisé. «Nous avons un plan de lutte antiterroriste sur le terrain», a affirmé un officiel malien. Un correspondant de l’AFP, circulant lundi dans le nord du Mali, a cependant constaté que le dispositif militaire y avait été légèrement renforcé et que les militaires «étaient un peu sur les dents».

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