«Le tourisme vit un effet de ciseau depuis 2002»

ALM : Le rythme des investissements hôteliers à Marrakech depuis l’an 2 000 est-il compatible avec l’évolution des nuitées et des arrivées ?
Kamal Bensouda : Le monde du tourisme a vécu ces dernières années, une véritable crise liée aux incertitudes des marchés et des consommateurs. Les événements du 16 mai auraient pu remettre en question nos choix et nos objectifs. Or, nous constatons que le capital confiance du Maroc est élevé. Pour preuve, le renforcement des investissements durant cette période. Pour Marrakech, nous vivons certes depuis 2002, un effet de ciseau entre l’augmentation des capacités hôtelières et la stagnation des arrivées, entraînant une répartition différente des nuitées et un recul du remplissage des hôtels accessoirement. Le tout conjugué à une baisse du tarif moyen de la pression des marchés émetteurs. Mais il y a lieu de rappeler que Marrakech qui affiche le meilleur remplissage du Maroc dispose de nombreux atouts pour digérer rapidement les nouveaux investissements.
Peut-on encore investir compte tenu de la situation actuelle ?
Certes, il faudra marquer une pause après le programme de l’Aguedal de la CDG. Par exemple, pour laisser le temps à la destination de placer l’offre hôtelière dans des conditions économiques satisfaisantes sur les marchés émetteurs. Les programmes d’investissements doivent obéir à une logique de palier, bien planifiée pour éviter la sous-occupation qui peut générer des bradages tarifaires et des guerres de part de marchés. Je suis convaincu que les autorités sont largement sensibilisées sur la question pour permettre à Marrakech de garder son positionnement privilégié affin d’approcher le cap des 2 millions de touristes avant de lancer de nouveaux programmes de développement intensif, la rentabilité du tissu hôtelier restant le meilleur indicateur pour les investisseurs de demain.
Doit-on fixer les prix en fonction du classement des hôtels pour éviter le bradage ?
Moi je répondrai à cette question en disant que nous sommes dans un marché libéral. Il est difficile de réglementer les tarifs par rapport au classement de l’hôtel. C’est au client qui sait ce qu’il paye de juger. Néanmoins, il faudra surveiller de près les produits et voir quelle qualité de services ils offrent. Si cette qualité n’est pas adéquate, l’unité en question doit être déclassée.

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *