Le trône républicain de Bagdad

Quand le parti Baas confirme finalement sa prise sur le pouvoir (1968), Saddam Hussein accepte la tâche qui répugne à tous les autres parce que peu populaire : la direction des services de sécurité, déjà forts de plusieurs dizaines de milliers de personnes. Saddam les augmentera encore et enverra ses meilleurs éléments, des «cousins» de Tikrit pour la plupart, en formation en Allemagne de l’Est, auprès de la redoutable Stasi. Son pouvoir s’affirme très vite comme autoritaire et autocratique. Il élimine progressivement toute opposition et continue de placer ses proches dans les plus hauts lieux de pouvoir. De religion musulmane, sa femme est Sajida Khair-Allah dont il eut deux fils et trois filles.
Le fils aîné s’appelle Ouday. Considéré pendant longtemps comme le successeur de son père, il est aujourd’hui, de plus en plus marginalisé par rapport à son frère Qusay. Ouday est surtout connu pour ses actes d’extrême violence qui vont du meurtre et de la torture aux viols de femmes et de jeunes filles. Il a même torturé et emprisonné des joueurs de l’équipe nationale irakienne de football pour avoir perdu des matches. Par ailleurs, il fréquente les bars bien qu’il soit lui-même infréquentable. On dit que même Saddam Hussein a peur de ce psychopathe qui a déjà abattu un des serviteurs de son père au cours d’un dîner auquel assistait la femme du Président égyptien Moubarak. Depuis, Ouday est la honte de son pays, même s’il a obtenu son diplôme en génie avec une note de 98%. Officiellement, le fils aîné est directeur de rédaction du journal Babil et responsable de tous les médias irakiens, député à l’Assemblée nationale, président du comité olympique irakien. Mais il est surtout connu pour ses actes d’extrême violence qui vont du meurtre à la torture aux viols de femmes et de jeunes filles. Il a même torturé et emprisonné des joueurs de l’équipe nationale irakienne de football pour avoir perdu des matches.
Ouday joue par ailleurs un rôle important dans les activités de contrebande entreprises par l’Irak pour contourner les sanctions onusiennes et participe à des opérations financières illicites. Il a été l’un des principaux responsables du régime à prendre part au pillage systématique du patrimoine koweïtien. Autant de données à son désavantage pour un éventuel héritage du « trône républico-révolutionnaire » instauré par son père, le « Grand Saddam », grand fan de Joseph Staline. C’est son frère Qusay qui sortira de l’ombre pour incarner le vrai Saddam. Second fils et dauphin de son père, il supervise tous les services de renseignements et de sûreté ainsi que la Garde républicaine et la Garde républicaine spéciale. Nommé vice-directeur du bureau militaire du parti Baas en 2001 et élu au commandement régional du même parti. Il ressemble beaucoup à son père, au propre comme au figuré.
Qusay est prompt à aider Saddam à éliminer toute menace au régime, réelle ou imaginée, en usant de sanguinaires et choquants « outils de répression » afin de faire chanter ses adversaires, de les pousser à des aveux forcés et de les détruire. Il autorise les interrogations, l’emprisonnement et l’exécution des prisonniers politiques et de leurs familles.
De 1988 à 1999, il a périodiquement donné l’ordre de procéder à l’exécution en masse de plusieurs milliers de détenus (épuration des prisons). C’est le même Qusay qui a dirigé des opérations de répression contre la tribu Al-Dulaym en 1995 et contre la révolte chiite locale en 1997. Ce n’est là qu’un petit aperçu sur « les princes héritiers » de l’Irak de l’ex-lieutenant Saddam, transformé au fil du temps, en patriarche et guide unique en instaurant un régime héréditaire, plus monarchique que n’importe quelle monarchie ancrée dans l’Histoire.

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