L’école de la democratie

Pour la première fois de leur histoire, les Marocains vont pouvoir aborder des élections fixées plusieurs mois avant leurs échéances. Une mesure qui traduit en fait, l’évolution politique du pays et le chemin parcouru dans le sens de la démocratisation des instances politiques ainsi que de leur transparence et intégrité.
A quatre mois des élections législatives, l’on sait que le 27 septembre est une date qui ne saurait permettre un quelconque ajournement. Aussi pour la première fois, de leur histoire politique, les Marocains vont pouvoir voter pour des listes et non pour des individus comme ce fut le cas depuis les premières élections des années soixante. Une mesure qui aurait sûrement des répercussions sur les rapports entre les partis politiques et les citoyens. Car, non seulement, elle mettrait en évidence les appareils politiques, en tant que garants de la démocratie, mais elle imposerait à ces derniers de changer leurs comportements à l’égard des citoyens et de procéder à une mise à niveau de leur organisation interne. Puisque, pour mener à bien leur politique, les partis se doivent de se restructurer et de présenter les candidats à même de défendre leur réputation, image de marque et positions. Plus la transparence est de mise plus le phénomène du nomadisme politique se réduit. De surcroît, il accorde la priorité aux formations politiques et fait des programmes et des idées la base du scrutin».
Aussi, pour faire face à l’éclatement du champ politique, plusieurs mesures et démarches ont été entreprises au niveau parlementaire, à travers la concertation avec les pouvoirs publics. D’abord, l’accent a été mis sur le raffermissement des sanctions touchant aux problèmes de la corruption des électeurs et de la falsification des urnes et l’interdiction du cumul de l’appartenance aux deux chambres du Parlement. Selon la nouvelle loi organique relative au Parlement, toute personne impliquée dans une affaire de corruption, lors de la campagne électorale, serait sanctionnée d’une peine allant d’une année à cinq ans de prison ferme et d’une amende allant de 50.000 à 100.000 Dh. Outre sa privation du droit au vote durant deux années et à la candidature aux élections durant les deux mandats qui suivirent la date du verdict.
Dans le même ordre, un seuil au-dessous duquel la représentativité au Parlement est annulée a été fixé à 3%. Une décision qui aura sans doute des répercussions malheureuses sur des petits partis qui font, des fois, beaucoup de bruits. Sans effets réels sur le cours des événements. Même dans le financement de cette campagne, la nouveauté est de taille. 20% des subventions de l’Etat, estimées à plus de 120 millions de dirhams, aux partis politiques participants aux élections, seront répartis, de manière équitable, entre tous les partis, juste avant la campagne électorale.
Bref, toutes ces mesures seraient vaines si la campagne médiatique et de sensibilisation des citoyens n’arriverait pas à élargir la sphère de la participation politique. Il y va de la crédibilité des formations politiques et de l’avenir de la démocratie dans notre pays.

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