Législatives : L’USFP en tête

Le processus électoral du scrutin législatif devait prendre fin dimanche soir, avec la proclamation officielle des résultats définitifs.
Pour le moment (dimanche en fin d’après-midi), l’on se tiendra aux résultats partiels communiqués samedi soir par le ministre de l’Intérieur. Ces résultats concernent 284 des 295. Seuls 11 sièges restent à départager entre candidats protagonistes. On ignore les noms des 3 ou 4 circonscriptions dont les résultats font encore défaut.
Les résultats dans ces circonscriptions ne devront pas changer globalement les données. Ils ne modifieront que très peu l’analyse. Cependant, il faudra attendre les résultats de la liste nationale pour porter une appréciation définitive sur la nouvelle carte politique du pays.
Cela dit, et toujours sur la base des résultats partiels, c’est l’Union socialiste des forces populaires (USFP) qui est arrivé en tête avec 44 sièges, suivi du parti de l’Istiqlal (40), du Rassemblement national des indépendants (RNI) et du Parti de la justice et du développement (PJD), avec chacun 37 sièges. Le pourcentage de réussite de ces quatre formations est respectivement de 15,49, 14,08, 13,02 et 13,02.
Sur ce peloton de tête, il est incontestable que ce sont les islamistes du PJD qui ont réussi une percée spectaculaire. Ils ont quadruplé le chiffre initial obtenu en 1997 (9, passé suite aux tractations à 14). Le PI, lui aussi, fait des progrès, en passant de 32 en 1997 à 40 aujourd’hui. Ces progrès ne tiennent pas compte des parts sur les onze sièges restant et l’apport des listes nationales au même titre que les autres formations politiques. Ces apports pourraient faire rapprocher l’USFP et le RNI de leurs scores de 1997 (57 et 46).
Au niveau du classement général provisoire, le Mouvement populaire (MP) de Mohand Laenser est en cinquième position et occupera cette place quels que soient les apports supplémentaires des uns et des autres. Avec 24 députés, le MP régresse (40 sièges en 1997) et est suivi par le frère-ennemi, le Mouvement national populaire (MNP) de Mahjoubi Aherdane (14 contre 19 auparavant). Le MNP pourra légèrement améliorer ses résultats avec la proclamation des résultats définitifs, pour retrouver son pourcentage de 1997. Les deux autres formations qui, avec le MP, formaient le Wifaq, ont eu un comportement différent.
L’Union constitutionnelle est le grand perdant de ces élections et se trouve en chute libre : il obtient seulement 13 sièges, soit 37 sièges en moins par rapport aux dernières législatives.
Son allié, le Parti national démocrate progresse de 2 sièges (12 contre 10).
Les partis du Wifak ont perdu la moitié de leurs sièges parlementaires et totalisent, à ce jour, 49 députés, alors qu’ils en comptaient 100 en1997, L’autre grand perdant de l’opposition sortante n’est autre que la formation de Mahmoud Archane : avec moins 27 sièges par rapport à 1997, le Mouvement démocratique et social n’obtient que 5 sièges (contre 32 en 1997).
Côté majorité sortante, le front des forces démocratiques améliore son score (11 contre 9), tandis que le Parti du progrès et du socialisme et le Parti socialiste démocratique obtiennent le même nombre de sièges, respectivement 9 et 5 élus.
De son côté, la Gauche socialiste unifiée a obtenu 3 sièges, avec un député en moins par rapport au score réalisé par l’OADP de Mohamed Bensaid en 1997.
Un seul parti politique de l’ancienne configuration parlementaire disparaît, pour le moment, de l’enceinte parlementaire : le Parti de l’action qui disposait de deux sièges et n’en a obtenu aucun en 2002. Par contre, le Parti démocratique indépendant de M. Mâach garde un siège comme en 1997. Voilà pour ce qui est des formations politiques présentes aux Législatives de 1997. Pour ce qui est des nouveaux partis, c’est l’Union démocratique de Bouazza Ikken, issue d’une segmentation de la Haraka, qui s’en tire avec succès.
Il obtient 10 sièges, dont quelques-uns dûs à une alliance avec le RNI, qui pourrait récupérer les siens lors de la formation des groupes parlementaires.
L’autre nouvelle formation qui a fait une bonne prestation est le Parti Al Ahd, qui a obtenu 5 sièges, suivi de l’Alliance des libertés (4 sièges) et du Parti de la réforme et du développement (3 sièges). Trois nouveaux partis ont décroché 2 sièges chacun: le Parti de l’environnement et du développement de l’ex-ministre de la santé Mohamed Alami, le Parti des forces citoyennes de l’ex-patron de la CGEM, Abderrahim Lahjouji, et le Parti marocain libéral de Mohamed Ziane.
La grande déception se situe au niveau du Congrès national ittihadi, né d’une scission au sein de l’USFP conduite par Noubir Amaoui et Abdelmajid Bouzoubaâ, qui n’obtient qu’un siège : El Assouli à la circonscription de Ben Ahmed.
Trois nouveaux partis n’ont pas obtenu de députés : le Parti de la réforme et de l’environnement (PRE), le Parti du centre social (PCS) et les Initiative pour la citoyenneté et le développement.
Ainsi les douze nouveaux partis ont totalisé 29 sièges, dont 10 pour la seule UD, qui, avec le CNI, ne sont pas tout à fait nouveaux.
D’autre part, sur les 26 partis politiques qui étaient en lice pour ces législatives, onze seulement ont pu franchir la barre fatidique des 3%. Il s’agit respectivement et par ordre décroissant des formations suivantes: USFP – PI – RNI – PJD – MP – MNP – UC – PND – UD – FFD – PPS.
Les trois derniers devront attendre les résultats définitifs, et les transhumances des députés, pour savoir s’ils vont former des groupes parlementaires.
Aussi, les composants de l’équipe de l’alternance ont obtenu jusqu’à présent 160 sièges. En 1997, à la proclamation des résultats, ils avaient totalisé 172 sièges. Il faudra s’attendre à ce qu’elles dépassent ce chiffre sur les 41 sièges restant à pourvoir (liste nationale et les 11 sièges restants). Signalons, enfin, que l’extrême gauche, le PADS et Annahj Adimoukrati ont boycotté ces élections. Le taux de participation dont on dispose est celui affirmé par M. Driss Jettou : entre 52 et 55% des inscrits. En baisse par rapport aux 58% enregistrés aux Législatives de 1997. Le mode du scrutin à la proportionnelle, avec 26 formations en lice, a accentué l’émiettement des partis politiques. Il a permis à 22 partis politiques d’être présents au Parlement. Dans la dernière législature, ils étaient seulement 15 à y siéger.

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