Les 10 chantiers prioritaires de Nabil Benabdellah pour la période 2013-2016

Les 10 chantiers  prioritaires  de Nabil  Benabdellah pour la période 2013-2016

Mi-conférence de presse, mi-mise au point, l’exercice auquel s’est essayé le ministre de l’habitat, de l’urbanisme et de la politique de la ville en présentant, mardi à Rabat, les priorités de son programme d’actions 2013-2016, est une construction qui tient du «R+2». De plain-pied, on trouve des «éclaircissements» sur la circulaire tant médiatisée – il la qualifiera de funeste à un moment de son exposé – que certaine presse a assimilé à une réduction des prérogatives des gouverneurs et des walis sur les dérogations. Son nom exact est «Circulaire pour l’encouragement de l’investissement en matière d’urbanisme». Au 1er est le bilan d’étape 2012 et au 2ème les chantiers et programmes prioritaires  pour la période 2013-2016.
Avant de survoler ces derniers, Nabil Benabdellah s’est employé à démolir les allégations du quotidien qui a écrit qu’il a dû retirer le jour même la circulaire qu’il avait émise quelques heures plus tôt. La directive, a-t-il martelé, est toujours valide et elle sera appliquée dans les prochaines semaines. Le fait, a-t-il ajouté, est qu’il est apparu que cette circulaire sur les dérogations doit suivre les mesures de simplification et non le contraire. Le ministre parlait des règles de simplification des autorisations de construction et d’habitat et, le certificat de conformité, décisions qui se comptent parmi les mesures-phares de son programme d’action et à propos desquelles, s’est-il cru de préciser, le chef  de gouvernement avait donné son aval le jour même. Outre qu’il a réfuté les allégations du journal, le ministre a également qualifié de fausses les informations publiées dans le même quotidien selon lesquelles une commission d’enquête aurait été constituée pour déterminer l’origine de la fuite qui a permis la divulgation du contenu du document. Le cas de la circulaire réglé, Nabil Benabdellah n’a pas désarmé, et aux journaux qui ont écrit que son département a été le dernier ministère à présenter son programme de travail, il a fait remarquer que son plan d’action à lui a été approuvé en Conseil de gouvernement le 5 avril 2012 et que cela était de notoriété publique depuis la conférence de presse qu’il a donnée 4 jours plus tard.
Ces précisions évacuées, Nabil Benabdellah est alors passé aux principaux indicateurs du secteur à fin septembre. Il a ainsi annoncé la mise en chantier de 212.000 unités dont 161.000 sociales (66,4% de plus) et l’achèvement de 66.200 unités dont 48.200 sociales (+16,5%). Il a également informé de ce que la consommation de ciment s’est accrue de 2,94% en ressortant à 10,95 millions de tonnes, que 91.430 personnes ont bénéficié de la garantie Fogarim pour un montant de 15 milliards de dirhams, ce qui marque une augmentation de 20%, que le BTP a généré 34.000 nouveaux emplois et que cela est remarquable même si l’encours des crédits immobiliers a baissé de 27,05% (seulement 10,84 milliards DH) et que les IDE ont eux régressé de 35% (1,41 milliard). Le ministre a également fait état, au titre du bilan d’étape de l’année qui court, du développement  des modalités de la planification spatiale ainsi que de l’institutionnalisation et de la mise en œuvre de la convergence avec en particulier l’approbation de 71 documents d’urbanisme, l’achèvement de 4 études stratégiques relatives à l’aménagement du territoire et la relance des villes nouvelles de Tamesna et Tamensourt. Il a également estimé que le déficit en logement a été réduit et que le processus ira se consolidant puisque 70.000 unités sociales ont été autorisées et que sur ce nombre 33.000 ont été mises en chantier et puisque ont été lancés les travaux permettant de recaser les 4.668 ménages habitant dans des masures menaçant ruine.
Pour les perspectives, le ministre de l’habitat a voulu convaincre de qu’il s’est fixé des échéances précises. Des deadlines, dira-t-il à plusieurs reprises. Début 2014 pour l’élaboration du projet de loi relative à l’aménagement du territoire, juin 2013 pour la 1ère tranche des projets financés par le Fonds de développement rural (FDR), 2013-2014 pour l’élaboration des documents d’urbanisme de 12 grandes villes, 2015 pour l’élaboration de la stratégie nationale du paysage… Pour ce qui est de la politique de la ville, les ambitions du ministère ne sont pas moins grandes : adoption d’une loi d’orientation générale et création de l’agence nationale du renouvellement urbain et de l’intervention au niveau de l’habitat menaçant ruine en décembre 2013, l’observatoire national de la politique de la ville à la même date et des plans de formation pour adouber les servants de cette politique de 2013 à 2016. Côté réduction du déficit en logement, 7 villes – Azemmour, Bouarfa, Derwa, Laksar El Kebir, Sidi Bennour et Targuist – devraient avoir troqué leurs baraques contre de l’habitat salubre, elles seront 11 en 2013 : Béni Yakhlef, Es Smara, Kelaa des Sraghna, Settat, Sidi Kacem, Sidi Slimane, Souk Sebt, Tanger, Tétouan, Toussit et Oued El Heimer. Il a également été question dans les déclarations du ministre de la production de 80.000 unités sociales et de 20.000 dédiées à la classe moyenne par an. Il ambitionne l’élaboration de programmes d’habitat destinés aux jeunes ménages et aux jeunes, de promouvoir l’habitat locatif et d’élaborer des programmes spécifiques au monde rural. Ses projets portent aussi sur l’élaboration de nombreux textes sur l’urbanisme, les coopératives, les villes nouvelles, les agences urbaines ainsi que la création de plusieurs écoles d’architecture.
A la veille de son départ pour le Haj, Nabil Benabdellah n’y est pas allé de main morte, ont commenté des journalistes.

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