Les 12 nouvelles régions proposées par la CCR.

Tanger – Tétouan
La région orientale et Rif couvre pour l’essentiel la région actuelle de l’Oriental, dont la continuité de configuration est un des faits les plus anciens au Maroc. Cependant, les considérations liées soit aux évolutions économiques et stratégiques récentes, soit à des exigences de réajustements dictées par la nature de la démarche suivie et des critères retenus, amènent à introduire un remodelage de cette «vieille» région par le rattachement en son sein des provinces d’Al Hoceima et de Guercif d’une part, et, comme signalé plus haut, le retranchement (au moins dans la variante principale proposée), de celle de Figuig, d’autre part.


Fès – Meknès
La CCR recommande la reconfiguration des limites des deux régions actuelles en réunissant les deux pôles dans une même région ayant comme chef lieu la métropole de Fès. Ainsi, il y aura maintien de l’actuelle région Fès-Boulmane, en y adjoignant les provinces de Taza et Taounate, et l’intégration d’une partie des provinces de la région de Meknès-Tafilalet: la préfecture de Meknès et les provinces d’El Hajeb et d’Ifrane. Réunies, elles forment un ensemble régional de gabarit significatif, le 4ème en terme de population (4.022.000 hab), le 5ème en étendue géographique (40.075 km²) et le 5ème en terme de poids économique (9,5% du PIB national).

Rabat – Salé – Kénitra
Trois grands ensembles composent cette région : le front littoral ou plateau côtier de l’urbanisation, les plaines dites atlantiques moyennes qui se prolongent dans le Gharb et le plateau central des Zemmours, et, enfin, le territoire de la province de Khémisset. L’intégration de la région de Kénitra dans celle de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër, pourrait permettre de rehausser la fonctionnalité économique de ce territoire. La nouvelle région verra son poids démographique renforcé (4.300.000Hab), occupant le 2ème rang à l’échelle nationale, son périmètre élargi (18.200 km²) et sa participation à la création de la valeur ajoutée nationale améliorée (14%).

Beni Mellal – Khénifra
Cette région assume, de par sa position, une fonction centrale d’articulation du premier périmètre irrigué du Maghreb en étendue (le Tadla) et d’un corridor historique où s’insère la route reliant Fès à Marrakech. La région proposée regroupe donc six provinces ( Béni Mellal, Azilal, Fquih Ben Saleh, Khouribga, Khénifra et Midelt). Elle couvre une superficie globale de 41.033 km², compte une population de 2.611.000 habitants (2004) et participe avec près de 11,2% du PIB national, soit près de deux fois la valeur d’une région de la taille de Tanger-Tétouan.

Casablanca – Settat
Cette entité a un rôle déterminant dans l’organisation et le fonctionnement du territoire national. La nouvelle région proposée serait formée : du Grand Casablanca, de la province de Berrechid, de la province de Settat, de la province d’El Jadida, de la province de Sidi Bennour et de celle de Benslimane. Ce nouvel ensemble continuera à se distinguer nationalement par sa superficie (19.448 km²) et surtout par l’importance de son poids démographique (6.085.000 hab.) et de sa puissance économique (25% du Pib). Autant d’atouts pour assumer la mission qui lui incombe aux plans national et continental.

Marrakech – Safi
Il s’agit d’ une région à triple facette, vu qu’elle associe trois entités : (i) la bande littorale humide, (ii) la zone centrale en position médiane, et (iii) une poche aride , directement attachée à Marrakech (965.000 hab.) Il s’agirait là de la 3ème région du pays. Elle comprendra, outre celles de Marrakech et d’Al Haouz, les provinces d’El Kalaâ, Ben Guerrir, Youssoufia, Safi, Essaouira et Chichaoua. La région abriterait sur une superficie de 39.167 km², une population de 4.108.000 habitants et rehausserait son poids dans le PIB national de 8 à 12, 4% (2008).

Drâa – Tafilalet
Cette vaste zone centrale réunit toutes les conditions pour constituer une région. Cette région regroupe donc des territoires longtemps traités comme de lointaines annexes de régions et de métropoles mieux dotées. La CCR constate que cet ensemble de territoires est bien distinct de ceux auxquels ils étaient arrimés. Exploitation des niches inestimables d’opportunités touristiques et énergétiques, gestion écologique du pastoralisme, préservation et développement des économies oasiennes, prise en main de la dimension frontalière : voilà des axes fondamentaux pour l’action régionale attendue.

Souss – Massa
La région de Souss-Massa est un milieu à la fois atlantique et continental. C’est aussi un espace polarisé par une multitude de villes, avec comme pôle Agadir, ville de plus d’un demi-million d’habitants. Le découpage proposé par la CCR couvre six provinces ou préfectures : (préfectures d’Agadir‐Ida‐ou‐Tanane et d’Inezegane-Ait-Melloul ; provinces de Chtouka-Ait Baha, Taroudant, Tata et Tiznit). Ceci donne lieu à une superficie et un effectif de population plus réduits que dans l’actuelle configuration : 53.789 km² contre 74.882 km² actuellement et 2.475.143 hab. contre 3.305.300 habitants, en 2008.

Guelmim – Oued noun
Les provinces du Sud forment ce qu’on appelle communément le vaste Sahara atlantique qui s’étend du pied du massif de l’Anti Atlas jusqu’à la hauteur de la localité de Lagouira. Cet ensemble de charge historique particulière dans la construction et le ressourcement de l’Etat marocain constitue à plus d’un titre l’une des trames de fond de la physionomie et de l’identité territoriale du Royaume. Le projet de découpage propose le maintien de la configuration en 3 régions arrêtée en 1997 moyennant une révision de la composition des provinces qui les constituent. La région de Guelmim-Oued Noun comprendrait les provinces : Assa‐Zag, Guelmim, Tan Tan et Sidi Ifni.

Laâyoune – Saquia al hamra
Tarfaya, Laâyoune, Smara et Boujdour : L’objectif de ce découpage étant de promouvoir une régionalisation au service d’un développement conséquent de ces provinces, mais aussi d’être le prélude à l’application, le moment venu, du plan de l’autonomie. L’une des distinctions majeures des provinces du Sud est la sévérité des conditions défavorables du milieu terrestre. Il compte parmi les zones arides les plus rudes de la planète. L’espace saharien est avant tout à vocation pastorale. A ce trait se combine un autre facteur d’homogénéité marquant, la grande faiblesse numérique du peuplement

Ed dakhla – Oued eddahab
La région de Dakhla-Oued Eddahab comprendrait les mêmes provinces définies actuellement : Dakhla et Aousserd. La conduite du nouveau découpage régional dans les provinces sahariennes récupérées fut l’objet d’un intérêt particulier de la part de la CCR, compte tenu de leur importance, de leur spécificité, et surtout, de la multiplicité des paramètres qui doivent être pris en compte convenablement dans leur découpage. Il était essentiel que la proposition faite incorpore la dimension politique et donne lieu à une configuration qui conforte la position marocaine sur les plans interne et externe, aujourd’hui et demain.

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