Les Américains s’installent en Afghanistan

Quelque mille Marines, des blindés et de l’artillerie ont été largués mardi près de Kandahar, au cours d’un violent bombardement sur troupes américaines et du matériel ont été largués par l’aviation américaine près de Kandahar lors d’un violent bombardement aérien américain sur la ville. Dans ce qui semble être le prélude à une offensive de grande envergure, les commandos américains se sont déployés au sud de Kandahar où réside habituellement le chef des Taliban, le mollah Mohammad Omar, ainsi que son «hôte» Oussama Ben Laden. Les Américains, qui ont confirmé l’opération, se montrent en revanche très avares en détails. L’aéroport de Kandahar serait toujours entre les mains des Taliban, selon le Dr Abdullah Abdullah, ministre des affaires étrangères de l’Alliance du Nord. Il n’a cependant pas précisé de quel aéroport de Kandahar il s’agissait, deux aérodromes étant situés près de cette ville. Les Américains prennent donc pied en Afghanistan. Plus, ils s’installent et pour longtemps dans ce pays. Un pays dont ils feront, à n’en point douter, une tête de pont pour contrôler toute la région. Car il serait naïf de croire que les Américains vont se contenter de « libérer » les populations afghanes des Taliban. Et puis l’occasion était trop belle pour venir titiller un peu et tâcher de voir de plus près tous ces « intéressants » pays d’Asie centrale. Où ils n’avaient jamais trouvé le moyen de pénétrer. Sauf par espions et autres honorables correspondants interposés. Lors de discussions informelles avec les Taliban –et bien avant le 11 septembre – les Américains avaient souligné à leurs interlocuteurs qu’ils étaient juste intéressés par l’installation d’un pipe-line ; et que « tout le reste », entre autres la nature du régime ne les intéressait pas. Aujourd’hui, ils sont chez eux. Et c’est une victoire personnelle pour le président George W. Bush qui aura finalement bien géré les événements depuis le 11 septembre. Il semble que l’on soit à la veille d’une deuxième phase ; que les Américains jugent nécessaire. Cette deuxième phase consisterait à lutter contre le terrorisme où qu’il se trouve. Un vaste programme. Mais comme tout est lié, on sent que Bush Junior a envie de terminer l’oeuvre de son père en Irak. Où Saddam Hussein est toujours aux commandes. Et les éventuelles tentatives de renverser le régime irakien auront l’avantage d’avoir connu le précédent afghan. Pour ce, la recette est très simple, sur le papier du moins. Il faut appuyer résolument l’opposition, l’entraîner, lui permettre d’entreprendre des actions armées, de pénétrer en territoire irakien. Washington a bien essayé, il y a quelques années, de fomenter un coup d’État à Baghdad. Mais cela s’était soldé par un bide. L’astuce, c’est le petit coup de pouce apporté par les bombardiers B-52. Mais comme Bush a eu également le mérite de prévenir qu’il s’agissait d’une oeuvre de longue haleine, on est obligés de tourner le regard vers l’Iran, ou peut-être la Syrie, voire le Liban. Des pays qui, selon la terminologie de Washington, «protègent les terroristes ». Et puis il faudra s’occuper du Soudan, du Yémen, de la Somalie. Tous des pays musulmans. Ce qu’il s’agit maintenant de savoir, c’est si Washington, avec toute la bonne foi et le sens de la justice que l’on peut lui prêter, a l’intention, et surtout la volonté politique de s’attaquer à la question du Proche-Orient. Mais là, c’est une autre paire de manches. Mais en fait, toutes les questions sont liées. Et l’administration Bush ferait bien de mettre à profit l’actuel état de grâce dont elle bénéficie, pour faire au moins cesser le massacre quotidien des Palestiniens. Le reste viendra par la force des choses.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *