Les archaïsmes de Monsieur Aznar

Il existe une constante dans la politique étrangère espagnole. Maintenir une présence catholique en terre d’Islam. Cette réalité subsiste depuis l’expulsion des Arabes et des Juifs de l’Andalousie en 1492. Elle a subi des avatars, compte tenu de la nature des relations hispano-marocaine, mais elle est restée intacte.
En témoignent les deux enclaves, véritable camouflet au sens de l’Histoire, maintenues par les Espagnols au Maroc. Ceuta ressemble à un forteresse. Elle est entourée de murs aux pierres volontairement noircies, comme pour mieux convaincre de la présence ancienne des Espagnols dans cette terre. On envoie à cette ville les jeunes Espagnols pour leur service militaire. Combien d’entre-nous n’ont pas éprouvé une profonde gêne en rencontrant sur un bateau, en provenance d’Algerisas, des jeunes chahutant très fort, indécemment hautains, et qui viennent fortifier la présence militaire dans une terre qui n’est pas la leur ? L’envoi de ces jeunes à Ceuta n’est pas anodin. Il enracine encore plus dans leurs esprits la conquête par les armes. Certains Premiers ministres espagnols ont plus ou moins édulcoré cette réalité, n’ont pas enfoncé ouvertement le clou. Ce qui n’est pas le cas de José-Maria Aznar. Ce ministre, petit de taille, voit grand. Ce roturier n’est jamais aussi heureux que lorsqu’il est convié à une soirée organisée par la famille royale ou la haute noblesse madrilène. Il colle comme une vermine dans les aisselles de la noblesse.
L’aristocratie espagnole fait des gorges chaudes des frasques du parvenu. Elle est relayée par la presse mondaine qui ne manque pas une occasion pour rappeler le mépris dont fait l’objet le Premier ministre de la part de la famille royale. Tout cela aurait ressemblé à l’histoire cocasse d’un parvenu, n’était l’aspect teigneux du roturier insatisfait de son état. Parce qu’un homme, un seul homme, est à l’origine de la détérioration des relations entre le Maroc et l’Espagne.
Cet homme, néo-franquiste, éduqué dans la grandeur coloniale espagnole et son ancien prestige, ne peut supporter qu’un pays dont il occupe deux villes et d’innombrables îles et îlots lui dise non ! Son sens politique n’opère qu’en direction du Nord.
L’archaïsme, de la pire espèce, est le seul valable lorsqu’il s’agit du Sud. Cet homme ne va pas tolérer la présence du Maroc sur une île qui relève pourtant de sa souveraineté. Parce que cela est inadmissible pour lui, ne cadre pas avec tous les archaïsmes dont il a hérité. Il fera tout pour empoisonner encore plus les relations entre les deux pays.

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