Les auto-écoles, l origine du mal

Les auto-écoles, l origine du mal

C’est maintenant devenu une évidence : si deux ans après la promulgation du nouveau code, qui était pourtant présenté comme étant la solution, non seulement les accidents de la route n’ont pas baissé mais au contraire se sont davantage multipliés, c’est qu’au final, nous n’avons pas mis le doigt sur les vraies origines et causes du problème. L’administration a essayé la sensibilisation, depuis plusieurs années, puis une loi censée être efficace, puis depuis quelques mois la sanction sévère… mais manifestement aucune de ces démarches ne donne des résultats. Le problème peut paraître complexe mais au fait, à y voir de plus près, il est tout aussi simple. Après chaque accident, l’opinion publique s’est habituée à cette boutade dans les communiqués officiels : la principale cause est humaine. L’administration doit alors prendre le problème à son origine. Si les chauffeurs et les conducteurs sont la principale cause de cette hécatombe, alors remettons le système à plat et posons-nous quelques questions simples mais qui peut-être renferment un début de solution. Et le premier volet à traiter en urgence est celui relatif à tout le système d’octroi des permis de conduire. Tout commence d’abord à l’auto-école. Comment se déroule le processus d’apprentissage ? Ce n’est un secret pour personne : beaucoup, pour ne pas dire une majorité, de ceux qui obtiennent leur permis de conduire ne savent paradoxalement pas conduire et ne connaissent même pas les basiques de la bonne conduite. Pourquoi ? Parce que, chez l’auto-école, les moniteurs se contentent durant l’apprentissage de les entraîner à faire les manœuvres programmées à l’examen.
Les apprenants ne sont pas mis en situation réelle de circulation, ils ne sont pas formés aux règles de la bonne conduite. Et les témoignages dans ce sens abondent. A.B, la trentaine, qui vient d’obtenir son permis depuis quelques jours atteste qu’il n’a jamais circulé en ville avec son moniteur. A.L, 25 ans, lui aussi détenteur du permis depuis quelques mois, se rappelle qu’il n’a été en cours d’apprentissage chez l’auto-école que pour trois séances en tout et pour tout.
Les choses ne doivent pas être très différentes pour ceux qui obtiennent des permis de poids lourds. Quand un jeune qui ne maîtrise pas encore la conduite mais qui a obtenu son permis se retrouve au volant d’un camion semi-remorque ou, plus grave, d’un autocar transportant 48 personnes, on peut être sûr du résultat. Ce problème nous renvoie à un autre plus en amont, celui des auto-écoles qui, manifestement, ne remplissent pas leur rôle. Comment obtiennent-elles leurs licences ? Sur quels critères ? Sont-elles régulièrement contrôlées? Ont-elles un cahier des charges à respecter ? Le respectent-elles ? Il est temps que les pouvoirs publics remettent de l’ordre et sévissent dans ce milieu connu aussi pour son niveau de corruption.

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