Les autorités locales se débrouillent pour faire face aux conséquences de la grève

Les grévistes du secteur du transport sont encore loin de mettre fin au débrayage. Les initiatives du gouvernement visant à persuader les grévistes n’ont, jusqu’à présent, pas abouti. Lundi 13 avril, le Premier ministre Abbas El Fassi a tenu une réunion à Rabat avec les représentants de plusieurs associations professionnelles du secteur du transport.
À l’issue de cette rencontre qui s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement, M. El Fassi a affirmé avoir évoqué la question de la grève dans le secteur du transport. À ce propos, il a proposé aux représentants de ces associations la suspension de l’examen du projet du Code de la route au sein de la Chambre des conseillers en plus de la création d’une commission qui devrait étudier les requêtes et les amendements que les professionnels du secteur veulent apporter à ce texte. Cette initiative jugée louable par certains syndicats ne l’est pas pour d’autres.
«Malgré les propositions du Premier ministre, l’on est amené aujourd’hui à ne plus faire confiance au gouvernement. En 2007, le gouvernement nous a promis, lors de la discussion du projet du Code de la route, de prendre en considération les observations et propositions que nous avons formulées à l’époque sur le projet du Code, mais il n’en fut rien. La tension ne fait aujourd’hui que monter et il est fort probable que les travailleurs de la Médina Bus vont nous rejoindre bientôt», a noté le syndicaliste Abdelhak Dahbi, membre de l’UNTM.
D’ailleurs, huit syndicats et associations professionnelles ont décidé, lundi, de suspendre le mot d’ordre de grève suite au report de l’examen du projet du Code de la route à la Chambre des conseillers, annoncé samedi par le président de la Chambre, Maati Benkaddour et le ministre de l’Equipement et du Transport, Karim Ghellab. «Nous portons la responsabilité de ce débrayage au Premier ministre qui, jusqu’à présent, n’a rien fait pour mettre fin à ce problème. Le projet du Code de la route n’est pas un livre saint. Nous sommes dans une démocratie qui nous permet de faire entendre notre point de vue», a précisé Mohamed Mittali, secrétaire général de la Fédération nationale démocratique des chauffeurs de poids lourds.
En entamant la 9ème journée consécutive de grève, plusieurs associations ont exprimé leur inquiétude.
La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a affirmé que la «grève des transporteurs perturbe le transport des personnes et des marchandises».
Après avoir consulté le ministre de l’Intérieur, le ministre du Transport, les opérateurs et les transporteurs, la CGEM appelle l’ensemble des parties à la responsabilité à prendre des mesures urgentes. «La CGEM avertit que les grèves font courir aux entreprises marocaines un grave danger. Beaucoup d’entre elles sont menacées dans leur rentabilité, dans leurs relations-clients, et donc dans leur pérennité», a souligné le patronat dans un communiqué de presse. Pour sa part, la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (Fisa) tire la sonnette d’alarme.
«La survie du cheptel avicole, actuellement en élevage, est fortement menacée. La baisse des performances, la détérioration de l’état sanitaire des animaux et l’accroissement des mortalités ont déjà été constatés sur le terrain», alertent les membres de la Fisa. À l’heure où nous mettions sous presse, il n’y a aucun signe annonçant la fin du bras de fer de la grève dans le secteur du transport.

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