Les casseroles de Hicham Aït Manna

Quelle est la relation entre Hicham Aït Manna et Abdellatif Laraki ? Ce n’est pas seulement l’amitié qui lie les deux hommes. En effet, on reproche à Hicham Aït Manna, né le 12 février 1971, d’avoir monté une foule de sociétés écran dont le but inavoué était d’organiser le blanchiment d’argent par un jeu de transfert grâce à l’endossement de chèques sur des comptes de la banque suisse Piguet & Cie à Genève, où Hicham poursuivait ses études avant de revenir au bercail en 1997 pour s’occuper des affaires familiales.
Ces sociétés écran ont pour noms Horizon Diffusion, Tradex, Aba Com, MSI et d’autres comme Sajil Communication. Dans celle-ci, qui appartient en grande partie à la famille Ohayon, Hicham Aït Manna détenait une participation de 30% à travers un prête-nom, Abderrahim Abassi. Le même rôle fut confié par les actionnaires de Sagil à un certain Laurent Wery en tant que gérant de la société Audio Com. Cette entreprise, tout comme les autres, produisait de fausses factures sur la base d’achats fictifs effectués par Sagil et honorées par la Banque Populaire de Paris.
Le produit des fausses factures, d’un montant de l’équivalent 25 millions de DH de l’ensemble de ces entreprises bidon, a été ensuite versé sur les comptes des banques CIC Paris et le Crédit Lyonnais de Vincennes. Un jeu de passe-passe frauduleux qui ne tardera pas à être découvert. D’abord par les autorités françaises et ensuite par la justice suisse qui lancera, en juillet 1998, un mandat d’arrêt contre deux membres de la famille Aït Manna, Hicham et Jamel. Si ces deux derniers ont échappé aux poursuites judiciaires, il n’en sera pas de même pour Laurent Wery qui sera mis en examen en février 2000 en France pour “escroquerie et escroquerie en bande organisée“.
C’est au Maroc, en même temps que Abdellatif Laraki et d’autres responsables de la BP Paris, que Hicham Aït Manna sera arrêté en octobre 2002 et mis à l’ombre à la prison civile de Salé pour être jugé par la Cour spéciale de justice. Les deux principaux accusés n’ont dû leur libérté provisoire qu’au paiement d’une caution substantielle. Autrement dit, l’affaire est loin d’être terminée. L’arrestation de M.Laraki en Espagne et son éventuel mise en examen en France relancent ce dossier sulfureux où Hicham Aït Manna n’est pas visiblement qu’une victime comme il n’a eu de cesse de le clamer.

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