Les députés islamistes dans l’opposition choisissent les finances publiques comme cheval de bataille

Les députés islamistes dans l’opposition choisissent les finances publiques comme cheval de bataille

«La majorité sera malmenée par l’opposition», promet le secrétaire général adjoint du PJD, Lahcen Daoudi, à l’issue d’une réunion qui a été consacrée, dimanche dernier, à la formation du nouveau groupe parlementaire et à l’initiation des nouveaux élus aux mécanismes de fonctionnement de l’appareil législatif. Ce jour, les nouveaux députés islamistes, après avoir bénéficié d’une visite guidée au Parlement, rejoindront le QG du PJD à Rabat pour la constitution du groupe des 46 parlementaires islamistes qui auront la tâche de «rendre la vie dure à la vieille nouvelle majorité gouvernementale».
M. Daoudi a affirmé à ALM que la première épreuve pour cette majorité ne sera pas de tout repos, d’autant plus qu’il sera question de la discussion de la loi de Finances. «Les élus de la majorité, qui sont généralement des notables, ne pourront pas faire acte de présence, un notable n’étant pas fait pour rester à discuter une loi de Finances des heures et des heures, ajouter à cela la forte possibilité qu’il ne comprenne rien à cette loi», ironise-t-il. Passé le cap de la loi de Finances, le PJD compte mettre sur le tapis des dossiers qualifiés de «très embarrassants» pour les partis qui ont siégé dans le gouvernement précédent, dont notamment la question des «caisses noires au niveau des œuvres sociales de plusieurs ministères», révèle M. Daoudi.
La prochaine majorité gouvernementale devrait également s’attendre à rendre des comptes sur des dossiers non moins épineux, en rapport principalement avec le phénomène des passe-droits, le favoritisme et le clientélisme qui règneraient dans la distribution des postes au sein des ministères. «Les nominations à des postes de responsabilité dans les ministères se font sur la base de l’appartenance partisane de la personne nommée», accuse M. Daoudi, en appelant les prochains ministres à privilégier non les «étiquettes politiques» mais les valeurs de mérite et de compétence que tout un chacun est censé apporter pour faire évoluer le secteur concerné. Au-delà du fonctionnement intérieur des ministères, la transparence dans la gestion administrative à l’échelle des 16 régions du Royaume n’échappera pas au contrôle des députés de l’opposition, dont le fer de lance sera sans doute le PJD qui a remporté un total de 46 sièges lors des législatives du 7 septembre.
Les rapports des cours de comptes régionales sont évoqués. «Nous voudrions que le ministère de l’Intérieur diffuse les rapports qui sont faits par les cours de comptes régionales pour que l’on puisse se renseigner sur la manière dont l’argent du contribuable a été géré», exhorte le PJD, dont le secrétaire général a promis au lendemain du scrutin «une opposition très forte» face à la prochaine coalition gouvernementale.
Fort de 46 sièges au Parlement, le PJD compte également sur le soutien d’autres partis de l’opposition, dont l’Union constitutionnelle (UC) et le Parti travailliste (PT), pour mener une bataille législative destinée à recadrer le fonctionnement du paysage politique national. Au sein du PJD, des amendements à la loi sur les partis sont envisagés de manière à encourager les fusions et la création de pôles politiques. Vaste programme…


Mustapha Ramid élu à la tête du groupe parlementaire du PJD

Durant cette réunion, les députés du PJD ont procédé à l’élection de Mustapha Ramid à la tête de leur groupe parlementaire. Une élection qui devrait être validée par le secrétariat général du parti dans les prochains jours. La législature 2007-2012 enregistre donc le retour de l’avocat islamiste comme meneur de jeu de l’équipe parlementaire du parti de Saad Eddine El Othmani après une éclipse de deux ans.  

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