Les derniers chiffres de l’Office des changes : Les investissements directs étrangers s’essoufflent

Les investissements étrangers commencent à s’essouffler. Après un premier trimestre durant lequel ils se sont maintenus avec une croissance presque nulle, à la fin du mois de juin, la tendance est à la baisse. Pourtant, depuis quelques mois, le Maroc s’est doté d’une véritable agence autonome dédiée à l’investissement étranger, l’AMDI, placée sous la tutelle direct du Premier ministre. Une stratégie a été déclinée, des campagnes de communications lancées un peu partout dans les marchés porteurs… Mais tout porte à croire qu’il faudra encore doubler d’effort. Selon les derniers chiffres de l’Office des changes, les recettes des IDE plus les prêts privés étrangers ont atteint 10,9 milliards DH à fin juin 2011, soit en baisse de 15% par rapport à leur niveau à la même période de l’année dernière et une baisse de 31% par rapport à la moyenne du premier semestre des années 2006 à 2010. Ce qui revient à un manque à gagner pour notre économie de 4,92 milliards de dirhams. Voilà qui n’arrange guère la situation à un moment où les réserves en devises n’arrêtent pas de baisser.
Pour ce qui est du premier trimestre, pour lequel existent des statistiques plus détaillées, les investissements directs étrangers (IDE) avaient déjà commencé à donner des signes d’essoufflement. Ils avaient atteint 4,58 milliards de dirhams contre 4,24 milliards de dirhams à la même période en 2010.  S’agissant de l’évolution des IDE au Maroc par pays, le Qatar vient en tête des investisseurs étrangers avec une hausse de 56,4%, passant de 58,4 millions de dirhams au premier trimestre 2010 à 90,1 millions de dirhams durant la même période en 2011. Il est talonné par l’Italie qui s’adjuge une évolution de ses investissements au Maroc évaluée à 54,3%. Par ailleurs, l’Observatoire des investissements et partenariats en Méditerranée ANIMA-MIPO, soutenu par le programme Invest in Med, a révélé dans son bilan du premier trimestre 2011 que le Maroc est ressorti avec la meilleure performance en matière d’IDE. «Le Maroc se démarque des autres pays du Maghreb et du Machreq en enregistrant la seule hausse significative du nombre de projets d’IDE au premier trimestre 2011 dans la région. Le pays conserve la confiance des investisseurs, confirmant ainsi la dynamique plutôt encourageante enregistrée en 2010. 37 annonces d’IDE ont ainsi été détectées en un trimestre, soit un rythme similaire à celui des années record 2006 et 2007 et le deuxième meilleur score de la région après la Turquie, à égalité avec Israël. Les montants restent néanmoins nettement toujours en deçà des niveaux d’avant crise, avec moins de 500 millions annoncés entre le 1er janvier et le 31 mars 2011», souligne le rapport de l’Observatoire. Ces résultats ont toutefois été enregistré dans un contexte où le nombre d’annonces de projets d’IDE dans les pays méditerranéens a diminué de 13% par rapport au rythme 2010, avec 184 projets détectés au cours des trois premiers mois 2011, contre 845 au total en 2010, soit un recul de 27% par rapport au premier trimestre 2010.


 Le Maroc reste le champion en Afrique
Le Maroc a été élu «Pays africain de l’avenir pour l’année 2011-2012» par la FDI Intelligence, une division du prestigieux groupe britannique de presse, The Financial Times, spécialisée dans le domaine des investissements directs étrangers (IDE). Le Maroc améliore ainsi son classement, en grimpant de la troisième position en 2009-2010, pour se positionner en tête des pays africains, évinçant l’Afrique du sud, qui occupait la première position. Le troisième rang revient à l’Ile Maurice. La percée du Maroc «est due à son succès à attirer des IDE», explique le FDI Intelligence, relevant que les IDE ont connu une baisse en Afrique du Sud et en Egypte (respectivement premier et deuxième dans le classement de l’année 2009-2010), contrairement au Maroc où les investissements étrangers ont enregistré une hausse de 8% en 2010. Le Maroc est l’un des rares pays de la région ayant enregistré une hausse des projets d’investissement étrangers directs, souligne le FDI Intelligence. Le Top-10 africain, mené par le Maroc, comprend l’Egypte (4ème), le Ghana (5ème), les Seychelles (6ème), la Tunisie (7ème), la Namibie (8ème), l’Ethiopie (9ème) et le Kenya (10ème). Outre sa première position sur le classement général, le Maroc s’est adjugé le premier rang dans les catégories des infrastructures et de la stratégie de promotion des IDE. Dans la catégorie du potentiel économique, le Maroc occupe la deuxième position derrière l’Afrique du Sud et la quatrième dans celle des ressources humaines. Le Royaume surclasse également les pays africains en termes d’usage d’Internet par habitant. FDI Intelligence et son homologue FDI Magazine représentent le cœur du portefeuille de FDI Intelligence, édité par The Financial Times Limited.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *