Les élus rejettent la centrale de Cap Ghir

Les élus rejettent la centrale de Cap Ghir

Les 25.000 habitants des 46 douars répartis autour de Timrir centre (km 30 au sud d’Agadir) ne parlent plus que du projet de la centrale de Cap Ghir. D’un investissement global de 2 milliards de dollars (le barrage de Timrir n’a pas coûté plus de 60 millions de dirhams), ce méga-projet fait l’objet de réserves de la part des  23 membres du conseil municipal local. «Nous y sommes opposés pour plusieurs raisons, ne serait-ce qu’à cause du fait que l’endroit choisi  était prévu dans le plan d’aménagement du littoral comme zone touristique», explique Abdellah Aberni, président de la commune de Timrir.
Les craintes des élus par rapport à ce projet ont d’ailleurs dominé les débats lors du dernier Conseil préfectoral, tenu à Taghazout à la fin janvier. Ce qui a poussé les autorités d’Agadir à réclamer à l’Office national d’électricité de diligenter une étude d’impact auprès d’un cabinet indépendant. Pour les élus locaux, un tel projet est une menace certaine pour les activités touristiques et pour le projet Azur de Taghazout, situé à quelques kilomètres seulement de la zone où il sera implanté. «Le projet est situé en front de mer. Il nécessitera la construction d’un port devant accueillir de grands bateaux. Qu’arrivera-t-il en cas de naufrage ? », se demande l’élu local pour qui l’environnemental constitue la première des priorités. Interrogée par ALM, une source autorisée de l’ONE (voir n° 1353 du 20 février 2007) avait pourtant précisé que cet aspect avait été pris en compte : «pour le respect de l’environnement, le surcoût est de 350 millions de dollars. Vous savez, les bailleurs de fonds sont stricts en ce qui concerne l’environnement. Ce projet respecte les normes de l’Union européenne et de la Banque mondiale en la matière». Les habitants de Timrir qui vivent au rythme du souk hebdomadaire, organisé tous les lundis, ne demandent qu’à le croire. En attendant, ce projet qui doit répondre à 42% des besoins nationaux continue d’alimenter la polémique. Tout le monde y trouve à redire, y compris le maire d’Agadir, Tarik Kabbaj. «Une telle centrale ne doit pas se situer sur une zone classée réserve écologique», s’insurge l’élu local pour qui la démarche de l’Office est aux antipodes de la volonté politique de faire participer les élus locaux dans les projets qui concernent leurs circonspections et leurs régions. Des griefs qui rejoignent les remarques exprimées par Abderrahim Oumani, président du conseil préfectoral, qui avait largement commenté sur nos colonnes la démarche curieuse de l’Office national. «Certes, rappelle le maire d’Agadir, l’on va nous rétorquer qu’il s’agit d’un projet d’une importance capitale, destiné à prévenir une crise énergétique. Mais ne peut-on l’implanter qu’à Cap Ghir ? Doit-on résoudre la crise énergétique au détriment de l’écologie?».
Autant de questions qui renvoient à l’alternative de Sidi Ifini,  site idéal, selon le maire d’Agadir, pour accueillir un tel projet. «Passe encore que les vents et les courants militent pour ce site. Mais encore, sur le plan financier, transposer ce projet de Cap Ghir à Sidi Ifini, représente une économie importante. Sidi Ifini dispose déjà d’un port déjà prêt alors qu’il faut en monter un de toute pièces à Cap Ghir». Cet argument sonnant et trébuchant infléchira-t-il la balance du côté de l’environnement ? Rien n’est moins sûr quand on connaît l’intention du DG de l’ONE,  Younes Moammar, de commencer la construction du site en 2008 pour le livrer en 2012 et ce malgré les protestations des habitants et des élus locaux.

Vers une requête auprès du tribunal administratif

Sur un autre front, le projet de Cap Ghir se heurte au mécontentement des  propriétaires des terrains destinés à abriter le site. Quelque 50 hectares sont concernés. La commission d’expropriation  aurait  fixé le dédommagement à 45 dirhams le mètre carré. Ceux  qui disposent de moins d’un hectare ont été rétribués à raison de 120 dirhams le mètre carré.  Jugeant ces prix dérisoires, quelques propriétaires entendent déposer une requête auprès du tribunal administratif.

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