Les excès de Philippe Troussier

Les excès de Philippe Troussier

Philippe Troussier, manager des équipes nationales de football coût-il trop cher à la Fédération royale marocaine de football (FRMF) ? De plus en plus de voix s’élèvent de l’intérieur même de cette instance qui gère la pratique footballistique nationale critiquant le «Sorcier blanc» ; Non. Ce ne sont ni ses choix de joueurs, ni ses orientations tactiques qui sont à l’origine de ce mouvement de désaprobation. Quelques membres fédéraux se sont surtout insurgés contre la gestion financière de Philippe Troussier. Clou de l’affaire, le stage que l’équipe nationale a effectué en France au début de ce mois de novembre. La facture totale de cet événement, premier contact effectif entre le nouvel entraîneur et ses joueurs, a coûté à l’instance fédérale la bagatelle de 1,8 million DH. « Trop », s’est apparemment insurgé M’hamed Aouzal à la découverte de ce montant, comme nous le rapporte un membre fédéral qui a préféré taire son nom. Le président du Groupement national de football élite (GNFE) a trouvé que le séjour de Troussier, son staff technique et médical ainsi que les 34 joueurs ne pouvaient en aucun cas coûté une somme aussi exorbitante. Et il s’est avéré que cette somme engloberait également quelques extras consommés par l’entraîneur français en personne, en compagnie de quelques-uns de ses amis, et qui ont été ajouté à la facture initialement établie. Une marge de liberté accordée à Philippe Troussier en vertu de l’accord qui le lie à l’instance fédérale. Officiellement, Troussier coûte un peu plus de 430.000 DH au budget de la Fédération de football. Mais à ceci s’ajoutent plusieurs compensations financières ou encore en nature. C’est ainsi que le Français, un fin connaisseur du Maroc (il dispose d’une maison à Rabat), perçoit une indemnité de logement, de transport et de téléphone. Philippe Troussier touche également des frais de déplacements à chacun de ses voyages à l’étranger. Et la cerise sur le gâteau restent les huit mois de salaire qu’il a touchés d’avance à la signature de son contrat. Et comme le titre officiel de M. Troussier est «manager des équipes nationales», son salaire s’en ressent. C’est ainsi qu’il touche en plus une indemnité sur son encadrement des équipes nationales juniors et olympique. Bref, en ayant du recul, nombreux sont les responsables de notre football qui trouvent de plus en plus de mal à digérer ce coût global. Des sources proches de la fédération rapportent un commentaire de M’hamed Aouzal, qui, signalons-le, faisait partie de la commission fédérale créée ad hoc pour le recrutement d’un nouvel entraîneur en remplacement de Badou Zaki, démissionnaire le 17 octobre dernier. Il aurait, quelques minutes après la signature du contrat avec le coach français, émis des regrets quant à ce choix. Des propos certainement en rapport avec les longues négociations qui ont précédé cette signature et qui ont été très âpres, l’avocat parisien de Troussier, ayant refusé de montrer la moindre souplesse. Un contrat qui accorde au Français pleins pouvoirs quant à la gestion des affaires des équipes nationales. Exerçant ses pouvoirs, le manager vient de constituer son staff technique, composé de 21 personnes, dont des cadres techniques nationaux tels Abderrazak Khaïri. Dans le sens d’affirmer sa main mise sur les équipes nationales, Philippe Troussier a également pris la décision d’avoir recours à du personnel médical étranger, français plus précisément qui, bien évidemment, coûte à la Fédération royale marocaine de football beaucoup d’argent. Exemple : les frais journaliers des nouveaux médecins et kinésithérapeutes sont de l’ordre de 5000 DH chacun. Ce qui n’est pas pour faire des contents dans la planète football au Maroc. En effet, si la nomination de Philippe Troussier n’était pas pour plaire à tout le monde, les derniers développements les confortent dans cette position. Un autre avis, toujours au sein de la fédération, préfère attendre le rendement du «Sorcier blanc» dans quelques semaines en Egypte, pays qui accueillera à partir du 21 janvier 2006, les phases finales de la Coupe d’Afrique des nations. Un test grandeur nature pour cet entraîneur qui a toujours voulu coacher le Maroc puisqu’il aura à en découdre avec des adversaires aussi coriaces que l’Egypte, la Côte d’Ivoire et la Libye.

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