Les failles d’un système

L’une des plus grandes menaces qui pèsent sur l’industrie agroalimentaire marocaine est l’entrée en vigueur des accords de libre-échange signés par le Maroc.
En fait, ces accords ne constituent pas une menace en soi, mais c’est le manque d’une préparation préalable d’un environnement industriel permettant aux industriels marocains de s’adapter à cette nouvelle donne et d’être compétitifs.
Ainsi, pour ce qui est de l’industrie de la biscuiterie, par exemple, il lui serait impossible de faire face aux produits des pays avec lesquels le Maroc a signé des accords de libre-échange, étant donné que ces industries ont accès aux matières premières au prix des marchés internationaux qui sont très inférieurs à ceux pratiqués au Maroc.
Rappelons que parmi les pays avec lesquels le Maroc a signé des ALE figure la Turquie. Un accord qui entrera en vigueur dès le 1er janvier de l’année prochaine. Ce pays est l’un des plus grands exportateurs dans le domaine de l’agro-industrie avec une contribution au PIB représentant 5%. Dans ce domaine, la Turquie est classée parmi les dix premiers exportateurs mondiaux. Farine, pâtes, biscuits, confiseries, margarines, légumes transformés et fruits secs sont les principaux produits exportés. C’est le premier producteur et exportateur de noisettes, de figues sèches et pois chiches dans le monde. C’est le sixième producteur d’agrumes et le premier de cerises, et troisième exportateur mondial d’huile d’olive.
Mais ce pays n’est pas la seule menace qui plane sur l’industrie agroalimentaire nationale. Le Maroc est en train de négocier de nouveaux accords avec plusieurs pays. Ainsi, le gouvernement serait en train de préparer des négociations pour la conclusion de 7 nouveaux accords de libre-échange en plus de ceux déjà signés avec les Etats-Unis, la Turquie et un autre avec les pays arabes dans le cadre de l’Accord d’Agadir, à savoir la Jordanie, l’Egypte et la Tunisie.
Ainsi, le gouvernement s’apprête à signer des ALE avec le Gabon, le Pérou, la Roumanie et d’autres pays. Ainsi, le nombre des pays avec lesquels le gouvernement signe des ALE s’élargit chaque jour plus, sans prévoir de mesures d’accompagnement pour alléger certaines charges qui pèsent sur les industriels marocains afin de leur permettre d’être plus compétitifs. C’est dire que l’on ne se soucie guère de l’avenir de l’industrie nationale ni des emplois qu’elle génère et qui sont sérieusement menacés.

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