Les freins au développement

L’informel vient au premier rang des contraintes au développement de l’économie marocaine selon l’étude ayant donné jour au programme «Emergence». Les autres freins résident dans une demande intérieure jugée faible, des procédures et formalités administratives «lourdes et complexes», une fiscalité «très lourde » conjugée à l’insuffisance de zones économiques spéciales.
Egalement handicapant, le coût de l’énergie, fort élevé selon l’étude qui impute à ce facteur l’entrave au développement de plusieurs sous-branches.
Côté facteurs, coûts de production, la comparaison par rapport à 13 pays ayant fait l’objet du benchmarking pour les besoins de l’étude, n’est pas favorable au Maroc. Coût élevé de la main-d’œuvre par rapport à ces pays à économie comparable, flexibilité insuffisante. La logistique sur l’Europe est jugée «sous-optimale» et l’accès aux matières premières insuffisant ou limité par une protection douanière. En général, résume l’étude, il y a peu de traits véritablement saillants en terme de compétitivité du Maroc. L’autre problème de l’économie marocaine réside dans un niveau de fragmentation très élevé.
Beaucoup d’acteurs pour des unités de production très pétite.
Dans les secteurs du papier et de carton et de la chimie par exemple, le tissu est très fragmenté et la concentration des acteurs jugée faible. Même constat dans le secteur des matériaux de construction où les acteurs sont en dessous de la taille critique. Dans le secteur automobile, les chiffres d’affaires des entreprises marocaines sont de 5 à 30 fois plus petit qu’en France. Alors que dans l’Hexagone, les entreprises de l’agroalimentaire réalisent une moyenne de chiffre d’affaires de 437 millions de dirhams, au Maroc le secteur est tributaire d’une moyenne assez faible, de 74 millions de dirhams. Le score est encore beaucoup plus insignifiant pour le textile et cuir (13 millions de dirhams de chiffres d’affaires). Malgré son importance dans l’économie marocaine, le textile présente aussi un degré de concentration assez faible, de l’ordre de 9%. En liaison directe avec cette atomisation du marché, une sous-capitalisation chronique limitant les capacités pour procéder à des investissements importants.
L’absence de grands acteurs structurant le tissu industriel est aussi soulignée par l’étude.
En conclusion, la base industrielle du Maroc est  jugée très fragile, fragmentée et handicapée par une mise à niveau encore très insuffisante. L’analyse des facteurs de production et les avantages comparatifs sont peu distinctifs : pas de points forts clairs par rapport à une compétition forte. En clair, ce sont là les causes d’un déficit de croissance chronique. L’étude constate des effets encore peu maîtrisés des différents processus de démantélement, un bilan globalement insuffisant de la mise à niveau et recommande une politique industrielle plus volontariste et ciblée sur les moteurs de croissance au même titre que le tourisme.

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