Les intempéries font 17 morts et d’énormes dégâts matériels selon un bilan provisoire

Les Tangérois vivent, depuis jeudi dernier, sous le choc. Les pluies torrentielles qui se sont abattues sur la ville ont provoqué de fortes inondations. Selon des Tangérois âgés, ces précipitations sont les plus graves  que la ville ait connues. Et bien que les bulletins météorologiques aient prévu des précipitations orageuses sur Tanger, d’aucuns n’auront jamais cru que les inondations puissent atteindre une telle ampleur. Ces pluies diluviennes ont débuté jeudi aux alentours de 14 heures. Et en peu de temps, les eaux ont submergé plusieurs artères de la ville, occasionnant des perturbations du trafic. Ce qui a provoqué un arrêt quasiment total des transports en commun. En l’espace de cinq heures, le volume global de pluie a dépassé 10 millions m3. «176 mm de précipitations sont tombées sur Tanger, soit 40% de la moyenne de celles enregistrées annuellement et qui atteignent d’habitude entre 400 et 500 mm», a indiqué le wali de la région Tanger- Tétouan, Mohamed Hassad, lors d’une conférence de presse organisée vendredi dernier, faisant remarquer que l’oued Mghougha avait enregistré d’importants débits de 300 m3 par seconde. Sur instructions de SM le Roi Mohammed VI, a poursuivi ce responsable, des moyens importants ont été mobilisés pour faire face à cette situation et «apporter aide et assistance aux populations sinistrées». Une cellule de crise a été, en effet, mise en place. Outre les services de coordination et technique de la wilaya, la Protection civile, les Forces armées royales, la Sûreté nationale, la Gendarmerie royale le Conseil de la ville ainsi que les Forces auxiliaires y prenaient part. «Les éléments de la Protection civile ont effectué 5000 interventions. Et pour éviter les pertes en vies humaines, la priorité a été donnée à des cas d’urgence», a expliqué M. Hassad.
Par ailleurs, plusieurs parties de la ville ont été touchées par ces fortes inondations. Dans certains quartiers, les eaux se sont infiltrées dans des habitations et des garages de bâtiments. Les deux zones industrielles de Mghougha et Al Majd ont subi «d’énormes dégâts», ont affirmé des professionnels de la place. Les eaux ont monté pour atteindre entre un mètre et un mètre et demi. Envahis par les eaux des crues, des équipements et machines n’ont pas pu y résister. Des stocks de marchandises ont été endommagés.
L’évacuation des ouvriers et employés des usines n’a  pris fin que le lendemain aux environs de trois heures du matin. Les éléments de la Protection civile et des Forces armées royales qui  sont arrivés en renfort de Rabat quelque temps après l’annonce de cette catastrophe ont pris part à cette opération de secours. Des priorités ont été accordées à l’évacuation des élèves qui sont restés pendant des heures coincés dans leurs établissements scolaires. En ce qui concerne les dégâts humains, M. Hassad a fait état de deux morts. Il s’agit d’un ouvrier d’origine de Kalaât Sraghna dont le corps avait été charrié par les crues de l’oued Mghougha. L’autre mort découvert dans la zone d’Aïn Machlaw est un octogénaire qui devait faire l’objet d’une autopsie en vue de déterminer les causes de son décès.

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