Les jeux semblent être faits au sein du RNI

Les jeux semblent être faits au sein du RNI

Nouveau rebondissement dans la polémique qui secoue la maison interne du parti de la Colombe. Le comité central du Rassemblement national des indépendants (RNI) a appelé, samedi 16 janvier, à la démission ou le gel du bureau exécutif du parti. Le comité central du RNI, réuni en session ordinaire à Rabat, sous la présidence de Mustapha Mansouri, président du parti, a chargé la commission juridique d’étudier cette question. Le comité central a appelé, en outre, à annuler la délégation de pouvoir accordée officiellement par le président du parti au profit de Salaheddine Mezouar, membre du bureau exécutif du RNI et chef du mouvement réformateur au sein du RNI. Une décision que les quelques membres – une minorité – qui demeurent encore fidèles à Mustapha Mansouri expliquent par une volonté de faire sortir le parti de la crise profonde qu’il traverse. Un membre de ce clan affirme que «l’appel à la démission du bureau exécutif émis par le comité central du parti se justifie par la volonté de faire sortir le parti de sa léthargie». De source informée, on apprend que le président du parti a justifié la requête de dissolution demandée est une manière pour les deux parties qui se disputent le leadership du parti de s’accorder une sorte de trêve afin que la formation puisse recouvrer une sérénité nécessaire à sa reconstruction. Contacté par ALM, une source proche de Salaheddine Mezouar a rejeté la décision du comité central du RNI. «Le président du RNI essaye de saper le parti. De quel comité central parle-t-il? Le comité central du RNI est composé de 410 membres alors que 43 membres seulement étaient présents, samedi, avec lui, c’est-à-dire moins de 10% des membres. C’est en deçà du quorum requis par les statuts du RNI. Il ne s’agissait pas d’une réunion mais d’une plaisanterie. Nous rejetons les décisions de la prétendue réunion du comité central. Tout ce qui émane d’une réunion irrégulière est forcément irrégulier», précise notre interlocuteur qui a préféré garder l’anonymat. Ceci dit, les membres du mouvement réformateur ont réitéré, samedi, leur mobilisation pour restructurer le RNI. Un communiqué du mouvement lu par Salaheddine Mezouar, lors d’une conférence de presse à Rabat, précise que «les membres du comité central du RNI, fortement engagés dans le mouvement réformateur, conduit par M. Mezouar, et après leur réunion de Bouznika, marquée par un grand enthousiasme et un sens élevé des responsabilités et de conscience des intérêts supérieurs de la Nation, réitèrent leur attachement à l’unité du parti et leur mobilisation pour corriger les dysfonctionnements dont il pâtit». Lors de cette réunion, M. Mezouar a souligné que «la présence des membres du mouvement réformateur à la réunion du comité central, exprime leur rejet des pratiques antidémocratiques au sein du RNI». Le chef du mouvement réformateur a appelé les membres du Conseil national du RNI à se mobiliser et à faire montre de responsabilité pour garantir le succès de la réunion du Conseil national prévue pour les 23 et 24 janvier à Marrakech. Partant de ces faits, il est clair que le parti s’apprête à tourner définitivement la page de la présidence de Mustapha Mansouri. La majorité des membres du comité central s’étant clairement alignée sur le mouvement réformateur mené par Salaheddine Mezouar, il ne reste plus de doute sur l’identité du futur président du parti. Talbi Alami, l’un des membres influents et très dynamiques du courant réformateur, ne l’a-t-il pas annoncé très clairement lors de son passage à 2M dans l’émission Tayarat de notre confrère Abdessamad Benchrif. «notre futur président sera Salaheddine Mezouar (…) moi-même, je pense qu’il est l’homme le mieux indiqué pour diriger le RNI», avait-il déclaré. Les jeux semblent être faits et il n’y a plus qu’à attendre le prochain round décisif qui aura lieu le 23 janvier avec la réunion du Conseil national du parti. En attendant, l’actuel président aura-t-il le temps de trouver un terrain d’entente avec ses détracteurs afin de lui trouver au moins une issue honorable digne de son passé à la tête du parti et des missions officielles qu’il a assumées lors de son parcours. Talbi Alami avait lancé un signal dans ce sens lors de son passage télévisé en affirmant que M. Mansouri a toujours sa place au RNI. Sa parole engage-t-elle l’ensemble des membres du mouvement réformateur ? Pour avoir la réponse, il n’y a qu’à réserver sa place aux premières loges lors du conseil national.

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