Les lignes rouges à ne pas franchir

Dans les couloirs de la Minurso, on ne parle que de cela. Selon une source proche du dossier, il existe un projet de rapport qui a été distribué de manière restreinte le 24 avril. Il y est question d’une prolongation de la mission de la Minurso de 10 mois. C’est le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan et son envoyé personnel, James Baker, qui en ont formulé les grandes lignes. Leur proposition de reconduire la mission de la Minurso jusqu’au 28 février 2005 n’est pas toutefois définitive tant qu’elle n’a pas été approuvée par les membres du Conseil de sécurité de l’ONU. Elle sera débattue au Conseil de sécurité le mardi 27 avril et suivie d’une résolution du Conseil de sécurité qui tombera le 30 de ce mois. La reconduction du mandat de la Minurso intervient à un moment où le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération a défini des lignes rouges qui ne «peuvent être franchies». Selon l’expert marocain, «on peut considérer l’établissement de ces lignes rouges comme la réponse marocaine au plan de James Baker.»
Elles ne sont un secret pour personne, dans la mesure où le Maroc a toujours clairement défini des composantes qui ne se prêtent pas à la négociation, ajoute-t-il. En l’an 2000, le Maroc a donné sa définition de la solution politique relative au conflit sur le Sahara. Cette solution est indissociable de la souveraineté du Maroc sur cette région et des fondements de la constitution marocaine. «La souveraineté du Royaume du Maroc sur le Sahara est la condition sine qua non pour toute solution politique à ce dossier», insiste l’expert. A cet égard, il rejette catégoriquement l’idée de la transition de James Baker qui préconisait une période d’autonomie de 5 ans pour le Sahara, avant la tenue d’un référendum devant décider de son statut définitif.
«Cette période de transition a été tracée de façon extrêmement vague. La moindre petite visibilité y fait défaut. Que veut dire une période transitoire ? Qui va tenir les rênes de la chose publique? Qui va garantir la sécurité des populations ? Va-t-on précipiter la région dans le chaos ?» L’expert ajoute que la région est stable sous la souveraineté marocaine et qu’il est hasardeux de la livrer à des convulsions dont personne ne peut prédire l’issue. La source ajoute : du moment que la période de transition est rejetée, l’idée du référendum, tel qu’il est défini dans le plan de l’envoyé onusien, l’est également.
Cet expert rappelle que le Maroc a approuvé le premier plan de Baker datant de juin 2001. Ce plan, qualifié par l’envoyé onusien de solution de la dernière chance, établissait l’autonomie des provinces du Sahara sous la souveraineté du Royaume. «Le polisario et l’Algérie l’ont rejeté sans que le Maroc ne se sente en droit de crier au scandale». L’expert rappelle en effet, que James Baker est un médiateur, un facilitateur des négociations entre les différentes parties. A ce sujet, sa mission consiste à proposer des voies de solution et non pas à les imposer. «Un médiateur rapproche les points de vue ou propose autre chose». Il est clair, selon cette source proche du dossier, que si le Maroc est disposé à négocier une large autonomie du Sahara, il le fera seulement à la condition que ce territoire demeure sous souveraineté marocaine. C’est la fameuse réserve faite au plan de James Baker. Et le seuil de cette réserve est infranchissable, parce qu’en lui logent les milliers d’hectares qui font la marocanité du Sahara.

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