Les marocains attendent du concret

ALM : Que vous inspire la déclaration du Premier ministre ?
Rahhou Hilae : La déclaration de Driss Jettou n’apporte aucune nouveauté. Les Marocains attendent du concret. Alors que pour le gouvernement, il s’agit d’un plan d’action, pour bon nombre de citoyens, ce discours ne diffère en rien d’une simple déclaration de foi.

Est-ce que vous voulez dire que l’exécutif actuel n’est pas en mesure d’apporter des solutions aux problèmes des masses ?
Il y a une situation économique très grave, tout le monde le sait. Mais, en même temps, le gouvernement ne fait que gérer la crise au lieu d’apporter les solutions qui s’imposent.

Où se situe alors le problème ?
Ce gouvernement qui gère le pays depuis sept mois souffre d’une carence fondamentale qui consiste dans sa composition. C’est un gouvernement qui manque de cohésion. C’est un mélange de technocrates et de politiciens dont le dosage n’est pas savant.
Il n’a pas l’appui politique ; et ce, même de la part de ceux qui y participent.

Et qu’en est-il des affirmations de M. Jettou ?
Il s’agit d’une opération de replâtrage. En fait, dans chaque axe des trois volets annoncés par le Premier ministre, il y a un élément prioritaire sur lequel il faudrait se pencher sérieusement.
Dans le domaine de l’habitat, rien n’a été fait, ou presque rien. Le gouvernement ne s’est attaqué qu’aux problèmes liés aux salariés, alors que pour ce qui est des gens n’ayant pas de salaires et vivant dans les bidonvilles, c’est-à-dire ceux qui sont au niveau le plus bas de la société, on n’a pas encore vu venir des projets concrets.
À mon avis, il faudrait changer les procédures d’action et accorder une priorité aux problèmes qui concernent la base.
D’un autre côté, il y a lieu de s’interroger pourquoi l’on associe pas les collectivités locales dans ces projets de développement ; sachant que chaque commune a ses problèmes et ses bidonvilles.

Est-ce que vous faites allusion à la politique de décentralisation ?
Oui. Il faut décentraliser l’action et ne pas camper sur les positions d’antan et continuer à s’attacher à une vision nationale qui est, certes, mais qui ne saurait répondre à tous les besoins de la population.
Bref, il faut décentraliser l’action pour toucher tout le monde, c’est-à-dire toutes les régions, tous les espaces et toutes les couches sociales.
À titre d’exemple, beaucoup de personnes ne savent pas que le gouvernement est le plus locataire de la ville de Rabat. Est-ce que cela est normal ?
Autre problème non moins important. Le Premier ministre a évoqué dans son discours de mardi la question du transport, alors que tout le monde sait que l’un des problèmes de ce secteur réside dans le monopole de l’Intérieur des agréments et leur dotation gratuite à des particuliers.
Ne faudrait-il pas, donc, revoir cette position ?

Qu’est-ce que vous préconisez comme solution ?
Il est un fait qui doit être souligner, à savoir que ce gouvernement n’est pas très populaire. D’un autre côté, il faut rappeler que jusqu’à preuve du contraire, les politiques ont toujours étaient plus sensibles aux problèmes qui intéressent les populations se situant aux niveaux bas de la société.  Et ce n’est pas avec un gouvernement de gestion de la crise que le pays puisse sortir du gouffre.

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