Les médecins du privé craignent un «deux poids, deux mesures»

Les médecins du privé  craignent un «deux poids,  deux mesures»

Les médecins ont appelé à ce que l’interdiction d’exercer dans le privé pour les praticiens du public soit appliquée sans exception. En effet, le gouvernement avait pris la décision dans son dernier Conseil d’activer l’interdiction pour les médecins des hôpitaux publics de tout lien professionnel avec les cliniques privées. Bien que les professionnels s’accordent à saluer l’initiative, ils craignent que cette décision ne soit pas généralisée, pointant du doigt les polycliniques de la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale). Ces derniers s’interrogent sur la capacité du ministère de la santé à appliquer sa décision dans ces polycliniques. «Il existe une aberration dans notre système sanitaire national qui concerne les polycliniques de la CNSS. Ces structures font d’ailleurs travailler essentiellement les médecins du public. Les responsables du gouvernement devront également veiller à l’application de cette décision sur les polycliniques de la CNSS», affirme Dr Mohamed Naciri Bennani, président du Syndicat des médecins du secteur libéral. Même son de cloche chez le président du Syndicat national des cliniques privées, Ahmed Filali. «La décision gouvernementale est très bonne, mais il faut qu’elle s’applique à toutes les cliniques, notamment celles dépendant de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), qui monopolisent le plus grand nombre de médecins du secteur public», a-t-il déclaré. Et de poursuivre : «En tant que syndicat, nous saluons cette décision. Nous la considérons toutefois très insuffisante car ne couvrant pas les 13 cliniques dépendant de la CNSS et qui exercent illégalement à différents niveaux». ALM a tenté de joindre Redouane Frej, directeur des polycliniques CNSS du Maroc, sans succès. Par ailleurs, des doutes planent aussi sur la capacité du ministère de la santé à faire appliquer cette décision qui ne date pas d’aujourd’hui, selon les professionnels. L’interdiction est prévue par la loi depuis 1996. Plusieurs gouvernements ont, tour à tour, tenté de mettre en œuvre les dispositions de cette loi empêchant les praticiens du public d’exercer dans le secteur privé, sans grand succès. De nombreux ministres de la santé avaient également signé des arrêtés, diffusé des circulaires, mais en vain. Le gouvernement Benkirane n’est donc pas le premier à s’être saisi du dossier. «Il faut savoir que la loi interdit depuis 1996 aux médecins du secteur public d’exercer dans le secteur privé. Il existe également une décision de l’ancien Premier ministre Abderrahmane El Youssoufi qui interdit aux fonctionnaires du public de pratiquer des activités professionnelles dans le privé», ajoute Dr Naciri. Et de conclure : «Le gouvernement actuel affirme qu’il prendra le dossier au sérieux. Nous espérons qu’il réussira à appliquer cette décision à tout le monde sans exception».
A noter que cette décision du ministre de la santé intervient quelque temps seulement après un projet du ministère autorisant cette fois-ci les médecins du privé à exercer dans les hôpitaux publics.

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