Les opérateurs tempèrent

Les déclarations du ministre français délégué au Commerce extérieur, aussi surprenantes soient-elles, ont eu le mérite de souligner « tout haut ce que certaines sensibilités européennes pensent tout bas », souligne Azzeddine Guessous, président de la Comission des relations internationales de la CGEM.
Selon ce dernier, l’accord avec les Etats-Unis est perçu par Bruxelles « d’un mauvais oeil car il est de nature à accélerer les réformes notamment en matière de gestion administrative et de mise à niveau puisque les américains sont très exigeant en matière de tous les élements qui entront en jeu en matière d’investissement ce qui est susceptible de bousculer certaines habitudes ». La conclusion de l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis à d’abord pour objectif de mettre en compétition les entreprises du Vieux Continent et ceux du pays de l’oncle Sam, ce qui n’est pas du goût du lobbie économique UE.
Cependant, l’UE est le marché de prédilection des opérateurs nationaux et il serait judicieux de trouver un juste milieu. Les pouvoirs publics sont donc fortement interppellés pour trouver une formule pour composer avec les deux partenaire car « le pays ne peut pas se permettre de perdre un allié stratégique en matière économique comme l’Europe », précise Guessous. Il appartient aux pouvoirs publics de trouver la formule pour rassurer les uns et les autres car le principal débouché du Maroc, c’est bien l’Europe.
De plus, les opérateurs sont conscients que traiter avec les opérateurs américains n’est pas une mince affaire. « Nous ne disposons pas des ingrédients nécessaires pour investir ce marché et encore moins à constituer une force de frappe dans ce sens », souligne M. Guessous. Il est donc judicieux de se concentrer sur des destinations que nous connaissons très bien. Zakia Sekkat, en charge du dossier de la zone de libre-échange arabe du côté de la CGEM, pousse le bouchon un peu plus loin puisque pour elle, « il faut maîtriser la politique d’ouverture tous azimuts entamée il y a quelque temps car nous sommes très fragiles. Nous avons pris plusieurs orientations en même temps, ce qui n’est pas sains pour notre tissu économique et encore moins pour les opérateurs privés qui ne savent plus où donner de la tête. Il y a un grand risque de dispersion », insite-t-elle.
Quoi quil en soit, les déclarations du ministre français sont surprenantes, tout de même, venant de la part d’un officiel qui connaît parfaitemnt l’excellence des relations qui existent entre les deux pays et les rouages et mécanismes qui président les relations économiques internationales. Les déclarations de M. Loos interviennent à un moment où les relations entre le Maroc est la France sont au beau fixe. Mieux, sa visite au pays a été placée sous le signe de l’encouragement des investissements dans les deux sens. Son volt face est d’autant plus haurissant qu’il a souligné, lors de sa rencontre avec Oualalou, il ya tout juste quelques jours, l’excellence des relations unissant les deux pays et qu’il était convaincu que le partenariat entre les deux pays était stratégique. Il a même été question de mettre sur les rails une réflexion sur une formule pouvant rapprocher les entreprises des deux pays. Loos a proposé, dans ce sens, d’adopter le concept de « compagnonnage entre les entreprises marocaines et françaises » et de reconnaître à certains chefs d’entreprises marocaines le rôle de conseiller dans le cadre de cette nouvelle formule de « compagnonnage ».

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