Les ouléma du Maroc qualifient la décision suisse d’acte extrémiste

Les ouléma du Maroc qualifient la décision suisse d’acte extrémiste

L’annonce en Suisse de l’interdiction d’ériger des minarets sur les mosquées a été condamnée, lundi 30 novembre, par le Conseil supérieur des ouléma. Le Conseil considère que c’est une forme d’extrémisme et d’exclusion. «Le Conseil supérieur des ouléma, institution honorée par la présidence de SM le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, et qui exprime l’avis des ouléma du Royaume du Maroc, ne peut que condamner cette orientation quelle qu’en soit l’origine et y voit une forme d’extrémisme et d’exclusion», indique le Conseil dans un communiqué. Le Conseil, qui exprime son étonnement de cette position qu’il estime «contraire à l’image civilisée que les Musulmans se font de la Suisse», souhaite que les sages de ce pays conçoivent une démarche qui annulerait cette interdiction, car «les minarets des mosquées où qu’elles se trouvent sont des porte-voix servant à l’appel cinq fois par jour à des valeurs pour lesquelles milite toute l’humanité, en ce que le muezzin véhicule comme message prônant l’attachement à l’unicité de Dieu, le bannissement de l’égoïsme et la recommandation des bienfaits». Il s’agit là, ajoute le communiqué, d’un appel que l’humanité se doit de conforter et que nul n’est en droit de taire, particulièrement en cette période. L’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ISESCO) a par ailleurs fait part, à son tour, de son étonnement des résultats du référendum organisé en Suisse. «L’interdiction de la construction des minarets en Suisse est totalement contradictoire avec les dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, la Convention internationale sur la diversité culturelle et l’initiative internationale Alliance des civilisations», a souligné l’ISESCO dans un communiqué. «Les résultats du référendum de dimanche ne manqueront pas d’exacerber les sentiments de haine et d’hostilité et d’accentuer la discrimination religieuse et raciale», a estimé l’ISESCO, ajoutant que ces résultats pourront également inciter d’autres pays à agir de la même manière contre les minorités qu’ils accueillent sur leur territoire et empêcher ainsi celles-ci d’exercer leur droit à la liberté de culte que leur garantit le droit international.
L’ISESCO a appelé dans son communiqué les organisations, les institutions et les centres culturels islamiques en Suisse et dans les autres pays européens à agir dans le cadre d’une campagne civilisée pour démontrer les conséquences néfastes que peuvent entraîner lesdits résultats. D’autre part, l’Organisation islamique a exhorté le Conseil des religions en Suisse à intervenir pour présenter la véritable image de l’Islam à l’opinion publique suisse. L’ISESCO a, en outre, mis en garde contre les effets négatifs que les résultats dudit référendum peuvent avoir sur les relations entre la Suisse et le Monde islamique. Le grand mufti d’Égypte, Ali Gomaa, a dénoncé, dimanche, le résultat du référendum suisse. «Ce résultat du référendum n’est pas une simple atteinte à la liberté religieuse, c’est aussi une insulte aux sentiments de la communauté musulmane en Suisse comme ailleurs», a-t-il déclaré à l’agence égyptienne MENA. De son côté, l’Organisation internationale de défense des droits humains, Amnesty International, qui siège à Londres, a déploré «la victoire du oui concernant l’interdiction de la construction de minarets en Suisse». «C’est une surprise et une grande déception», souligne l’organisation.

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