Les papetiers exigent l’intervention de l’Etat pour faire face à l’invasion du cahier scolaire tunisien

A deux mois de la rentrée scolaire, les producteurs marocains de cahiers scolaires  réclament une mesure protectionniste contre les cahiers tunisiens. La Fédération des industries forestières des arts graphiques et de l’emballage (FIFAGE) tire la sonnette d’alarme et parle de «concurrence déloyale» fatale au secteur. «C’est dans le cadre de l’accord de libre-échange entre les deux pays que nous demandons au ministère du Commerce extérieur d’activer une mesure de sauvegarde d’urgence sur le cahier scolaire en provenance de Tunisie», affirme Aziz Qadiri, président de la FIFAGE. Les opérateurs de ce secteur veulent activer une clause de sauvegarde temporaire prévue dans le cadre de l’accord d’Agadir, conclu en 2004 entre la Jordanie, l’Egypte, la Tunisie et le Maroc, et entré en vigueur en 2007. «Le cahier scolaire n’est pas le premier secteur qui demande une clause de sauvegarde temporaire. Cette clause a été déjà activée pour la céramique suite à une alerte sur les importations espagnoles. C’est aujourd’hui au ministère du Commerce extérieur d’appliquer cette mesure sur le cahier scolaire tunisien», note M. Qadiri. En effet, la Tunisie subventionne ses fabricants de cahiers scolaires, les rendant ainsi plus compétitifs à l’export. «La Tunisie fait du dumping. Les Tunisiens importent du papier subventionné par l’Etat, le transforment et exportent au Maroc le surplus de la production et peuvent ainsi vendre au prix coûtant», assure Adnan Kettani, membre de la Fédération des industries forestières des arts graphiques et de l’emballage. À qualité égale, et pour un cahier de 48 pages, le tunisien est à 90 centimes et le marocain à 1,20 dirham. En fait, les importations de cahiers de Tunisie sont passées de 400 tonnes en 2004 à plus de 4.500 tonnes en 2007. Pour cette année, ces importations devraient atteindre 12.000 tonnes.
Au Maroc, le secteur de la production de cahiers scolaires réalise près de 2 milliards de dirhams de chiffre d’affaires. Il y a cinq ans, le secteur comptait une douzaine d’opérateurs. «Aujourd’hui, il n’en reste que six. Le nombre s’est rétréci parce que le marché est fortement agressé par les cahiers tunisiens», souligne Youssef Fassi-Fihri, membre de la FIFAGE et également administrateur directeur général de Papelera de Tetuan.
C’est ainsi que certains opérateurs ont mis la clé sous le paillasson et préféré se convertir en importateurs. «En important et en transformant du papier, en admission temporaire, les Tunisiens réalisent une valeur ajoutée de 10 %, alors que l’accord de libre-échange liant les deux pays concerne des produits avec une valeur ajoutée de 40 %. En plus, les importations tunisiennes ont dépassé les 35 à 40 % de part de marché», explique M. Fassi-Fihri.

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