Les policiers en première ligne

Les policiers en première ligne

La police marocaine célèbre, chaque 16 mai, son anniversaire. C’est donc hier, dimanche, que toutes les préfectures de police du Royaume ont fêté cet anniversaire. En fait, pour les policiers marocains, la fête de cette année ne ressemble à aucune autre déjà célébrée. Et pour cause, elle a lieu un an, jour pour jour, après les attentats de Casablanca qui ont coûté la vie à 45 personnes et fait plusieurs dizaines de blessés.
L’année qui vient de s’écouler a été, pour le corps policier, celle des sacrifices et de l’engagement.
Malgré la menace terroriste permanente, les Marocains continuent de vivre dans une quiétude totale. C’est justement la mission de la police marocaine qui travaille dans une discrétion qui n’a d’égal que l’efficacité des opérations qu’elle mène. « Inutile de faire du tapage médiatique inutile, l’essentiel est que la sûreté du pays soit assurée », c’est ainsi que l’on pourrait résumer la nouvelle approche de la police marocaine.
Les autorités marocaines ont compris, dès lendemain des attentats du 16 mai, qu’un intérêt particulier devrait être accordé au corps de la police. SM Mohammed VI a personnellement pris en charge ce dossier. Il a commencé par nommer, deux mois après les tragiques attentats du 16 mai, un nouveau directeur général de la Sûreté nationale. Le général Hamidou Laânigri est ainsi passé du poste de DG de la DST, à celui de la DGSN. Par la suite, plusieurs nouveaux postes budgétaires ont été réservés par le gouvernement à la DGSN.
La menace terroriste étant toujours d’actualité, la police marocaine a dû travailler sur deux fronts. L’un est interne et l’autre externe.
En effet, pour ce qui est du premier volet, l’action de la police marocaine devait être complètement repensée. Finie cette police quasi administrative qui se contente de traquer de simples bandits ou faire le PV d’une agression. C’est ainsi que depuis le 16 mai 2003, un professionnalisme d’un type nouveau a été injecté dans les rangs de la police marocaine. L’ennemi n’est plus le voleur ou l’agresseur, mais le terroriste. Ce dernier est beaucoup plus dangereux. Il est extrêmement bien entraîné et n’hésite pas une seconde à faire appel à la violence. En fait, la violence est le langage même du terroriste. Pour faire face à ce nouveau type d’ennemis, les responsables de la DGSN ont dû repenser le mode de fonctionnement de la police. Et pour cause, dans toutes les opérations menées contre les groupuscules terroristes, les policiers ont fait preuve d’un courage impressionnant. Certes, ils n’ont fait que leur métier, mais encore faut-il que tous les moyens nécessaires leur soient accordés pour réussir leurs tâches. En somme, la police nationale devrait bénéficier d’un maximum d’effectifs.
Le métier de policier devrait être attrayant pour les jeunes. En termes clairs, il faudrait, comme cela se passe dans tous les pays développés, compenser les risques qu’encoure le policier lors de l’exercice de son métier, par le biais d’un statut attrayant.
Quant au deuxième front, sur lequel les responsables de la police marocaine travaillent d’arrache-pied, c’est sans doute celui de la relation entre la police et le citoyen. C’est tout simplement une question de confiance à rétablir et à renforcer.
Corruption, bureaucratie et inefficacité… la police marocaine est traitée de tous les maux. En un an, à peine, la nouvelle direction de la DGSN a entrepris de rectifier le tir. Pour cela, la communication avec les médias nationaux, surtout audiovisuels, a été renforcée. Ainsi, toute opération ou coup de filet contre des groupuscules terroristes sont systématiquement couverts par les deux chaînes nationales. Rien ne sert de cacher la vérité aux Marocains.
L’opinion publique a le droit de savoir qu’une menace terroriste plane sur le pays, mais elle a également le droit de savoir que les forces de l’ordre sont sur le-qui-vive et que les policiers en paient parfois le prix fort. Pas moins d’une douzaine d’agents ont été tués ou sévèrement blessés lors d’opérations visant des bandes terroristes. ç’a le cas à Fès et à Casablanca.
Cette communication ne concerne pas uniquement la lutte contre le terrorisme. Elle a trait également à la prévention des accidents de travail et à tout aspect de proximité.
En somme, en se remémorant, chaque année, les attentats du 16 mai, les Marocains rendent également hommage à leur police nationale.

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