Les professionnels demandent une révision de la fiscalité

L’émergence du secteur agroalimentaire au Maroc continue à être freinée par de multiples obstacles. Ces contraintes entravent le rôle de moteur de croissance que revêt l’agroalimentaire sur le plan national. Consciente des défis sectoriels, la Fédération nationale de l’agroalimentaire (FENAGRI) a initié une étude tenant à élaborer une démarche participative pour l’émergence de ce secteur. Rendue publique, lundi 10 mai 2010, à Casablanca, l’étude analyse les contraintes qui ralentissent le développement de l’agroalimentaire et identifie des pistes de progrès aboutissant à une stratégie globale d’émergence. Ce dispositif devrait être axé, entre autres, autour de l’amélioration de la valeur ajoutée industrielle, création d’un climat de compétitivité, développement de l’emploi dans le secteur ainsi que la consolidation du tissu industriel du pays. Ainsi, l’étude a permis d’identifier plusieurs pistes d’amélioration, et ce à travers l’incitation fiscale et douanière, l’innovation et la formation, le développement des marchés et la vision filière. Concernant le premier volet, la FENAGRI a souligné qu’il est nécessaire de revoir à la baisse des taux de TVA applicables aux produits du secteur. De même, Amine Berrada Sounni, président de la FENAGRI, a appelé «au reclassement des produits de la filière vers un régime d’exonération avec droit à déduction et de favoriser la catégorisation des entreprises exportatrices en vue de leur permettre de bénéficier du régime suspensif». L’étude démontre, également, que le coût direct de la réduction du différentiel d’imposition à la TVA serait couvert par les gains indirects que procurerait cette nouvelle approche. En matière de droits de douanes, la FENAGRI recommande à la fois, l’instauration d’un régime douanier en faveur des intrants importés et la baisse des droits applicables aux emballages importés. Quant au développement du marché agroalimentaire, l’étude met en relief qu’il existe deux modes de distribution à savoir le mode traditionnel ( 90% des produits vendus) et le mode moderne dont la part à l’horizon 2020 avoisinera les 25%. «A l’échelle locale, des actions de promotion, d’information et de sensibilisation des consommateurs doivent être impérativement lancées», note le président. Ces mesures devront couvrir les informations sur les risques sanitaires, l’éclaircissement sur les éventuelles fraudes et l’assurance des consommateurs quant à l’innocuité des emballages utilisés. Par ailleurs, la FENAGRI a mis en place une commission multisectorielles pour l’accompagnement de l’évolution du cadre réglementaire et de proposer les amendements, tout en garantissant la sécurité sanitaire du consommateur et la traçabilité des produits alimentaires. Inscrit dans la stratégie de développement national, le secteur de l’agroalimentaire compte près de 2.000 établissements et assurent le quart des investissements industriels. En termes de concours bancaires, les engagements des industries alimentaires sont estimés à 15.034 MDH, soit 2,9% de crédits bancaires alloués au titre de 2008.

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