Les raccourcis ratés de l’ONU

L’organisation des Nations unies a perdu beaucoup de temps dans son traitement de la question du sahara marocain. Avec la publication du dernier rapport de son secrétaire général, Kofi Annan au conseil de sécurité, elle pose pour la première fois la question en termes d’interlocuteurs réels, en reconnaissant l’Algérie comme partie prenante à part entière dans la résolution du conflit.
Un raccourci qui aurait pu être pris depuis des années et qui aurait fait à la région, comme à la communauté internationale, l’économie de plusieurs années de rendez-vous manqués avec l’édification d’un Maghreb uni et de tergiversations vaines et coûteuses. Ce raccourci, le Maroc l’avait à maintes reprises balisé à travers les multiples ouvertures que le Royaume a pratiquées en direction de ses voisins de l’Est. M. Mohamed Bennouna, représentant permanent du Maroc auprès de l’O.N.U. a une nouvelle fois mis le doigt sur cette tare quand il a indiqué, samedi sur TVM lors d’un duplex en direct de New York, que le Royaume était disposé à ouvrir un dialogue direct avec l’Algérie en tant que principal interlocuteur dans la question du Sahara, dans le cadre de la souveraineté marocaine.
Ce faisant, M. Bennouna tirait la seule conséquence logique et naturelle des derniers développements de la question du Sahara marocain au sein de l’organisation onusienne. La proposition algérienne sur la division du territoire, contenue dans le dernier rapport du secrétaire général de l’ONU, ne supporte qu’une seule lecture. Celle qui restitue le différend dans son cadre de toujours, celui que l’ONU n’a jamais véritablement cerné. Celui en fait d’un différend entre le Maroc et l’Algérie, noyé des années durant par Alger dans un emballage mercenaire extrêmement coûteux au pays de la région et à la communauté internationale.
L’ONU qui a perdu suffisamment de temps comme cela, depuis les rencontres de Houston et jusqu’à la publication du dernier rapport de son secrétaire général, pourrait aujourd’hui rattraper le temps perdu.
L’organisation onusienne pourrait, comme l’a suggéré le diplomate marocain, superviser un dialogue direct entre les deux pays voisins, où les mercenaires, qui n’ont plus de raison d’exister, n’auraient pas voix au chapitre.
Une voie de solution, où encore une fois le Maroc a été pionnier en exprimant à maintes reprises sa disposition à dialoguer avec l’Algérie en tant que principal interlocuteur, mais dans le cadre de l’intégrité territoriale du Maroc. De la même façon que le royaume s’es inscrit dans le cadre de la légalité internationale en se référant à la Cour internationale de justice à La Haye en 1975, en proposant la proposition du Maroc de la tenue d’un référendum à Nairobi en 1981 ou encore en acceptant des négociations pour trouver une solution dans le cadre de l’accord-cadre.
En attendant, Alger à travers sa nouvelle proposition a non seulement dévoilé son jeu, ce qui en soi est favorable au Maroc puisque levant le voile une fois pour toutes sur des vérités longtemps occultées, mais a en même temps grillé des cartes qui, bien maquillées, lui ont longtemps valu des soutiens démérités.
Mohamed Bennouna s’en faisait l’écho en évoquant l’étonnement qui a prévalu dans les milieux diplomatiques à New York après la publication de la démarche algérienne, un étonnement d’autant plus légitime qu’Alger alimentait le soutien de nombreuses parties par « l’idéal » d’autodétermination dont elle se faisait le chantre depuis de longues années. L’option de partage défendue aujourd’hui est en totale contradiction avec tout ce qui faisait recette pour les généraux d’Alger. Elle régresse en une vulgaire visée expansionniste.
Une recherche désespérée d’un accès sur l’océan atlantique, quitte à handicaper le développement de toute une région, à répandre le sang de centaines de personnes, à bafouer depuis des décennies les droits humains les plus élémentaires dans les camps de Tindouf et à grever les finances de l’organisation onusienne. Que de raccourcis ratés.

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