Les relations séculaires à l’ère du Business

Rien à redire sur les relations politiques entre le Maroc et le Sénégal, deux pays dont les premiers contacts remontent à l’ère des Almoravides. Des familles marocaines, principalement fassies, sont établies au Sénégal depuis le 19e siècle. Au temps où le pèlerinage à La Mecque se faisait par bateau, le Maroc était un passage obligé pour les pèlerins sénégalais. Le lien spirituel le plus fort reste, cependant, la ville de Fès, où repose, Cheikh Ahmed Tijani, le fondateur de la dynastie Tidjania, première confrérie religieuse au Sénégal.
Ironie du sort, c’est le calife général de la Tidjania, la puissante famille Sy de Tivaoune (environ 150 kilomètres au Nord de Dakar) qui aurait des vues sur le terrain où le groupe Chaâbi devait construire des logements. D’une manière générale, l’implantation des groupes marocains au Sénégal, mouvement qui prend de l’ampleur, marque une nouvelle forme de relations entre les deux pays. Aux relations politiques stables, succéde désormais le « business is business ». Cas de Air Sénégal International, compagnie appartenant à la RAM à hauteur de 51%, en croissance continue au niveau du chiffre d’exploitation, même si le ciel sénégalais vient de voir naître un mini-opérateur.
L’année dernière déjà (mars 2003), la BMCE, via sa filiale BMCE Capital, avait ouvert officine à Dakar. Mais si la Banque marocaine pour le Commerce éxtérieur, qui vient de remporter le marché sur l’étude de la SONACOS (Société nationale de commercialisation des oléagineuses), a franchi la passe sans encombre, tel n’a pas été le cas de tout le monde.
La candidature de l’ONE, alliée avec Vivendi dans la reprise de la société sénégalaise d’Electricité, n’a pas été fructueuse. Projet en instance, celui de la Wafabank et l’homme d’affaires Babacar Gueye, l’une des figures du business Mouride (seconde confrérie religieuse du pays, dont se réclame le président Wade), mis en exergue récemment dans l’émission «Capital» de M6, qui rêve notamment de monter la première banque Mouride au Sénégal.
Par ailleurs, le Maroc reste présent dans les travaux de construction des infrastructures. Les secteurs des ports, du transport ferroviaire, de l’aviation civile, de la météorologie (formation des ingénieurs sénégalais au Maroc) et de l’habitat sont mis en avant. Le Royaume met son expertise à la disposition du Sénégal pour le dragage de ses ports principaux et secondaires. Dans l’autre sens, depuis vintg ans, plusieurs médecins marocains viennent en formation à la Faculté de médecine de l’Université de Dakar, l’une des meilleures du Continent. La délocalisation du forum de l’étudiant, à Dakar, l’engagement des hommes d’affaires marocains à mettre en place une exposition permanente, sont autant de signaux qui reflètent l’excellence des relations économiques entre les deux pays. L’exportation vers le Sénégal peut intéresser les biens d’équipement, la monétique, les véhicules, les ordinateurs, l’habillement et le textile.
Ces différents angles ont été débattus les 28 et 29 avril dernier, lors des journées économiques maroco-sénégalaises, où une cinquantaine de chefs d’entreprises sénégalaises avaient fait le déplacement à Casablanca. Ces journées qui, entrent dans le cadre du partenariat existant entre le CNP et la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM), ont été instituées par un protocole créant le Conseil d’affaires maroco-sénégalais signé le 1er mars 2002 entre les deux organisation lors de la réunion de la dernière Commission mixte sénégalo-marocaine.

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