Les revirements se multiplient

La diplomatie américaine, une diplomatie de guerre comme chacun le sait, multiplie les initiatives et les contacts de par le monde. Objectif: l’ensemble des pays, influents du moins, doivent adopter la même position que les USA concernant le dossier irakien. Alors que George Bush s’entretenait avec Tony Blair à Belfast, sachant que l’Angleterre est connue pour son suivisme aux Américains, sa conseillère aux Affaires de la sécurité nationale, Condoleeza Rice, avait des entretiens avec le chef de la diplomatie russe, Igor Ivanov.
L’entretien a porté essentiellement sur la situation en Irak et les relations bilatérales russo-américaines. Arrivée dimanche à Moscou, Mme Rice devait également s’entretenir avec le ministre russe de la Défense, Sergueï Ivanov et le secrétaire du Conseil de sécurité, Vladimir Rouchaïlo. Ce qui veut tout dire : pousser la Russie à admettre le bien-fondé de l’agression américaine contre l’Irak. Déjà, samedi, le président Bush avait téléphoné au président russe, Vladimir Poutine pour l’informer des derniers développements militaires, de la stratégie américaine pour régler “rapidement” le conflit et avoir sinon l’appui de Moscou, du moins sa neutralité.
Le président russe n’avait-il pas affirmé, mercredi que "la Russie n’avait pas intérêt à un échec américain" en Irak et souhaitait continuer "à coopérer avec les Etats-Unis" pour régler toutes les crises "à caractère mondial". Pour lui, il est nécessaire de régler les problèmes et crises "en continuant à coopérer avec les Etats-Unis".
C’est clair, les grandes puissances savent se retrouver et garder leurs bons rapports, malgré les déclarations et les positions de principe. La visite de Mme Rice à Moscou est un signe palpable du rapprochement russo-américain sur la crise irakienne. Quoique le timing de cette visite n’est pas le mieux approprié. La visite de Mme Rice à Moscou intervient au lendemain d’un incident en Irak lors duquel un convoi diplomatique russe a été pris sous des tirs. Selon le Commandement central américain, l’attaque a eu lieu dans une zone sous contrôle irakien. Neuf diplomates russes étaient repartis avec leur convoi de la ville irakienne de Fallujah en direction de la frontière syrienne, tandis qu’un diplomate blessé, accompagné par un confrère, est resté à l’hôpital de Fallujah.
On se demande après les revirements de plusieurs pays, qui avaient refusé de cautionner l’agression américaine si effectivement la communauté internationale issue de la deuxième guerre mondiale a encore un sens. Le monde est aujourd’hui et plus que par le passé sens dessus-dessous. Par la faute des plus forts…

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