Les salariés de la CNSS s’insurgent contre la direction

Le personnel de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) observe une grève de trois jours depuis mercredi 12 mai et jusqu’au vendredi 14. «Cette grève de 72 heures est pour nous une obligation et non pas un luxe», a déclaré à ALM Azzedine Zekri, président de la Fédération nationale du personnel de la CNSS, affiliée à l’Union marocaine du travail (UMT). En effet, la fédération avait entamé une grève nationale de 48 heures les 25 et 26 mars 2010. Cette grève s’était soldée par des discutions de dix jours entre le personnel et la direction de la CNSS. «Nos discutions sont restées stériles et la direction nous avait demandé un délai de 20 jours avant de se prononcer. À la fin de ce délai, il n’y avait toujours rien, d’où la grève de 72 heures que nous entamons», a expliqué M. Zekri. Ainsi, le recours à la grève est intervenu après plusieurs relances de la direction relatives aux revendications du personnel. «Nos trois revendications sont légitimes et claires», a précisé M. Zekri. Et de poursuivre, «la première est d’abord l’amélioration des conditions de travail du personnel. En effet, le nombre d’employés est passé de 6500 à 4300 avec les départs volontaires. En plus, ceci coïncide avec l’augmentation des prestations de la CNSS. Déjà, l’assurance maladie obligatoire (AMO), les allocations familiales au secteur agricole et l’extension du régime de l’AMO aux soins ambulatoires sont autant de charges de travail supplémentaire pour un personnel réduit au minimum. Le nombre de dossiers à traiter est passé de 2.000 dans l’ensemble à 9.000 dossiers que pour l’AMO. On peut donc imaginer la situation du personnel face à cette énorme charge de travail, de stress et de surplus de dossiers à traiter. Et ce n’est pas que ça, en plus, 19 agences CNSS ont été ouvertes récemment à travers tout le Royaume sans aucune augmentation des effectifs», a expliqué M. Zekri. Ainsi, le soulagement de la montée de la charge de travail, avec l’entrée en vigueur de l’AMO est la première des trois revendications de la fédération. «Notre deuxième revendication concerne les décisions abusives de la direction de la CNSS avec des licenciements et des mutations non-fondés. En effet, du jour au lendemain, une mère de famille dont les enfants sont scolarisés dans une ville donnée se trouve mutée à l’autre bout du Royaume sans aucune raison valable. Elle se voit donc obligée de quitter sa famille pour rejoindre son nouveau poste», a souligné M. Zekri. Un point sensible sur lequel le personnel de la CNSS exige une révision. «Notre troisième revendication est l’actualisation de la convention collective du personnel qui date de 1985 et à laquelle nous avons déposé une demande de rectification depuis 2005. Aussi, en mars 2009, nous avons déposé un projet complet de révision qui est resté à aujourd’hui sans réponse», a relevé M. Zekri. Par ailleurs, la Fédération menace d’observer une série de grèves et une marche qui reliera le siège de la CNSS à Casablanca, au ministère des Finances et ministère de l’emploi, si leurs doléances ne sont pas prises en considération. Aussi, elle se dit prête et ouverte à toutes les négociations avec la direction de la CNSS.

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