Les salariés de la débâcle

Sportifs, il faut bien l’être. On est même obligé de l’être. Surtout que la sélection nationale sélectionne les défaites et poursuit sa descente aux enfers sans que personne ne crie gare. La nouvelle débâcle du foot marocain en coupe d’Afrique des Nations, Mali 2002, était en ce sens inscrite dans les tablettes. Il fallait tout simplement ne pas être borgne…
Après une prestation au demeurant honorable, comparativement à ce qu’on est entrain d’avoir aujourd’hui, en coupe du monde 1998, en France, Henri Michel, l’entraîneur de l’équipe nationale ne pouvait plus rebondir. Les prestations allaient de mal en pis. Une piètre participation à la CAN2000 au Nigeria-Ghana qui a montré au grand jour les défaillances de l’équipe et de son entraîneur dont la seule réalisation avant son recrutement par les Marocains est d’avoir secondé le grand Michel Hidalgo du temps où le football français connaissait ses véritables signes de décollage. Henri Michel est remercié et on a cherché partout pour tomber, après un court passage de Henri Kasperzac, sur un autre petit calibre du football européen pour le fourguer à l’équipe nationale comme étant un des meilleurs techniciens du foot mondial. A son CV, seule réalisation, la qualification du pays des oeillets aux demies finales de la coupe d’Europe. On a sciemment omis de dire que c’était le lancement des grands joueurs du football portugais avec à leur tête Luis Figo…
Cuelho est arrivé. L’ère des illusions a commencé. Le temps du réveil était bien sûr court. Et surtout brutal. Depuis qu’il a pris en main les destinées de l’équipe nationale, Humberto Cuelho n’a rien apporté.
Absolument rien apporté. En contrepartie, il a tout pris. Un salaire faramineux, l’équivalent de presque six Premiers ministres marocain, à raison de 7 millions de centimes chacun. Celui qui entraîne les gardiens de but, touche, lui, 14 millions de centimes. Le préparateur physique un autre salaire faramineux. Rien à voir avec les 7000 dirhams proposés à Mustapha Haddaoui pour prendre en charge les juniors.
Résultats sur le terrain. De défaite en défaite, l’équipe entraînée par M. Cuelho a perdu non seulement en combativité, non seulement en cohésion et en notoriété, mais aussi en sens de responsabilité.
Tout le monde a perdu ses repères. L’équipe n’est connue que le jour du match. Avec trois ou quatre joueurs fixes et le reste au premier venu. Les gardiens de but changent, sans qu’on arrive à savoir ni sur quelles bases ces changements sont faits, ni pourquoi… Le point fort de la sélection nationale depuis des décennies était surtout ses gardiens de but : Allal en 1970, Hazzaz et Chaoui de 1970 jusqu’en 1976, Zaki en 1986 ont impressionné le monde.
Aujourd’hui, avec Cuelho, tout est brouillon. On ne peut pas reconduire un Salaheddine Bassir, tout en sachant qu’il est en repos footbalistique à part quelques touches de balle de temps à autre. Les butteurs ont déserté le terrain et à chaque fois, Cuelho nous sortait la même rengaine. « L’équipe est en constitution. Bientôt on sera opérationnel ».
Difficile de parler dans ce cas de figure de schémas tactique ou d’apport technique de l’entraîneur.
D’abord ce dernier n’en a pas. Ensuite, il n’y pas d’équipe. Le résultat : de piètres performances. Un club de quartier est plus discipliné et développe un football tactiquement plus cohérent que l’équipe nationale et son Cuelho. S’il est vrai que ce dernier n’est pas le seul responsable de ces débâcles, il n’en demeure pas moins responsables de promesses non tenues. Sa seule performance à la tête de l’équipe nationale est d’avoir réussi le pari qu’aucun autre entraîneur avant lui n’a pu réaliser, depuis les années soixante dix. Eliminer l’équipe de la coupe du monde et lourde défaite synonyme d’élimination au premier tour de la coupe d’Afrique.

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