Les syndicats marginalisés

Tout en jugeant prématuré de prendre une position définitive, les syndicats sont unanimes à reconnaître l’importance vitale du projet de la couverture médicale présenté, lundi dernier, à la chambre des représentants, par le Premier ministre, Abderrahman Youssoufi.
Mais là où les critiques deviennent percutantes c’est eu égard à la procédure engagée avant la présentation de ce projet.
Face à un projet d’une telle importance répondant à un besoin vital de la population, il faudrait de prime abord mettre en place les conditions de son succès, dont en premier lieu l’association de l’ensemble des partenaires sociaux à ce projet et leur adhésion.
Or, à l’exception d’une rencontre informative à laquelle ont participé des représentants des centrales syndicales, ces derniers ont été ignorés dans l’ensemble du processus préparatif.
De sources syndicales, nous avons appris que l’économiste Driss Guerraoui, véritable cheville ouvrière de la primature, supervisait le travail préparatif s’effectuant au niveau des « experts » et de certains représentants du patronat. Trois moutures furent rédigées à ce niveau, l’une révisant l’autre et la succédant, mais toutes furent critiquées par les employeurs qui voyaient en certains aspects une atteinte à des acquis dont ils bénéficiaient. En fait, les débats sur la partie devant prendre en charge cette opération devraient être précédés par celui portant sur la nature de la couverture médicale, elle-même, ses axes prioritaires, les conditions de sa réalisation, et la révision globale de l’appareil médical, notamment en ce qui concerne les offres de prestations médicales et des médicaments ainsi que les mesures d’accompagnement de cette opération. Dans le même ordre d’interrogations, l’on soulève la question du financement de ce projet. En d’autres termes, d’où viendra l’argent de la Couverture médicale ? Est-ce d’impôts solidaires ou d’une compagnie d’assurance ? Dans ce cas, que ferait-on des autres choix ?
Autre question non moins importante, l’Etat va-t-il prendre en charge les maladies lourdes?
Si la réponse est affirmative, qu’en serait-il alors de la fameuse entrave de l’équilibre budgétaire ?
La CNOPS (la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale) serait-elle à même d’assumer cette responsabilité ; alors qu’elle n’est qu’une Mutuelle dont l’adhésion doit être volontaire ?
A toutes ces questions, l’opinion publique nationale attend des réponses et il est fort probable que le projet actuel ne saurait être que progressif.

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