Les USA face à la paix arabe

Enfin Colin Powell va rencontrer Arafat. Une victoire arabe est donc consacrée en attendant le triomphe définitif de la justice.
S.M. Mohammed VI a tenu à faire entendre ses doléances de principe au secrétaire d’Etat américain Colin Powell, lors de sa visite éclaire au Maroc. Une visite ayant pour objectif de tester les positions du Souverain ainsi que celles du Prince saoudien Abdellah Benabdelaziz.
Contrairement à tous les périples précédents, effectués par les responsables américains dans le monde, ce dernier se distingue par son ton nouveau. Un ton dont la puissance américaine n’est pas habituée à entendre et qui rompt avec la langue de bois et les courtoisies connues dans ce genre d’événements.
Bien avant l’entretien entre le responsable américain et SM Mohammed VI, ce dernier lui a indiqué le chemin à emprunter. La Palestine et le sort des Palestiniens se discutent d’abord avec ceux qui sont mandatés à le faire, en premier lieu, le président élu Yasser Arafat. Le second point, qui mérite d’être évoqué, porte sur le protocole. En recevant M. Powell, SM le Roi portait un auto-collant représentant Al Qods , symbole de l’Etat palestinien. Engagement solennel rarement vu dans les rapports entre les pays arabes et les USA, qui survient une journée après la marche de soutien à la Palestine, la plus importante dans le monde.
En effet, depuis longtemps la puissance américaine s’est acclimatée à un discours creux, et à des positions arabes et musulmanes molles qui témoignent d’une faiblesse inexpliquée pour les peuples.
Le dédoublement systématique du discours américain à l’égard des pays arabes et l’application catégorique et provocatrice de la fameuse règle de deux poids, deux mesures en ce qui concerne la situation au Proche-Orient sont arrivés au pied du mur.
Lors de la Guerre du Golfe, la situation était complexe et suscitait diverses réactions. Mais, plus de dix années après ce nuage malheureux qui s’est abattu sur les pays du monde arabe, les rangs de ces derniers se sont raffermis et leurs relations se sont nettement améliorées.
Aussi, suite aux événements du 11 septembre dernier, tous les pays arabes, de la Palestine au Maroc, de l’Océan atlantique au Golfe, ont condamné les actes terroristes perpétrés à l’encontre du peuple des Etats-Unis d’Amérique . Il n’y avait, donc, plus de raisons objectives de faire l’amalgame entre les diverses acceptions du terrorisme. Cependant, ces événements n’ont fait que ressusciter une image déjà confectionnée dans les esprits et qui fait de tout arabe et de tout musulman un terroriste présumé tant que son innocence n’est pas établie.
Après l’Afghanistan, l’Irak et l’Iran furent dans le collimateur, inscrits comme étant des ennemis à abattre. Dans le même ordre, feu vert a été donné à Ariel Sharon pour l’extermination de la résistance palestinienne et le retour à la case départ, celle d’avant les négociations de paix. Une position non seulement aveugle, qui ne rend pas compte des données réelles de la situation, mais également injuste et trop partiale.
Face à ces donnes, il était plus que prévu, que les chefs d’Etats arabes réagissent. D’abord, pour défendre leur dignité bafouée, ensuite pour se mettre au diapason des aspirations de leur peuple et enfin pour participer au triomphe de la Justice. Au Moyen-Orient et dans le monde.
Le sommet de Beyrouth aurait constitué une occasion immédiate pour le rétablissement de la paix entre Israéliens et Palestiniens. Une paix qui annoncerait, en fait, la réconciliation définitive entre les Arabes et l’Etat d’Israël, mais une fois encore, la petite politique l’a emporté sur les principes.

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