L’État ibérique dévoile son visage colonial

Chaque fois que le rapprochement entre le Maroc et l’Espagne est à portée de main, des éléments de perturbation entrent en jeu.
Ainsi, il a suffi que le Maroc installe un poste de surveillance sur l’îlot «Leila», pour que l’Espagne réagisse de la manière la plus provocante. D’une part en dramatisant la situation en l’assimilant une véritable agression perpétrée à l’encontre de la souveraineté ibérique, d’autre part en recourant à la provocation, notamment en envoyant des patrouilleurs aux alentours de l’île et en exerçant la pression sur l’Union européenne afin de demander au Maroc de «retirer immédiatement ses troupes de l’îlot. Ce dernier dit du «Persil», qui se trouve du côté nord de la partie basse du Jbel Moussa, connu, également, sous le nom de «montagne des singes», appelé par les Espagnols «Isla del Peregil», dispose d’une superficie de 13,5 hectares, avec une longueur de 300 mètres, à moins de 200 mètres de la Côte méditerranéenne marocaine, à 40 km à l’est de Tanger.
L »îlot est inhabité et n’a d’intérêt économique que pour une partie de la population marocaine de Jbel Moussa, qui profite de l’élevage sauvage de caprins. En revanche, il revêt une importance stratégique dans la mesure où il permet le contrôle des côtes marocaines ; ce qui justifie la volonté du Maroc de l’utiliser dans la lutte contre le trafic d’immigrés et le terrorisme. «Leila» est situé à l’intérieur des eaux territoriales du royaume, tel que le précise la législation nationale de délimitation des espaces maritimes marocains». Le 25 avril 1808, la Grande-Bretagne a tenté de l’occuper, mais face au refus du sultan marocain, elle se retira, et ce après l’embarquement de trois bateau de guerre et de centaines de soldats. Quarante années, plus tard, les Anglais, tirant profit du conflit opposant le Maroc à l’Espagne, tentèrent une nouvelle manoeuvre coloniale, mais en vain. En 1887, les Espagnoles mirent leur drapeau sur cette île. A l’occasion de la fin du protectorat espagnol sur la zone nord du royaume, en 1956, elle fût libérée.
Depuis cette date, «des forces de sécurité marocaines ont été déployées sur l’îlot, chaque fois que cela s’est révélé nécessaire». La présence de civils et de l’autorité marocains dans l’île est permanente durant les 45 dernières années. Mais, pour les Espagnols, les réflexes coloniaux n’ont jamais fait défaut. Le 26 février 1986, juste après son adhésion à l’Otan, l’Espagne adopte un nouveau statut pour la ville de Sebta. Le deuxième article de ce statut publié dans le bulletin officiel du Cortès, stipule que le territoire de la ville de Sebta, en plus de l’île Badis et de l’île du persil, constitue l’ensemble du territoire faisant partie de la frontière actuelle de la Municipalité». L’absence d’une réaction marocaine à cette époque a probablement encouragé l’Espagne, depuis lors, à aller de l’avant dans sa politique coloniale.

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