L’Europe et les législatives anticipées : Un ticket d’entrée au club des démocrates

L’Europe et les législatives anticipées : Un ticket d’entrée au club des démocrates

Séduite par l’évaluation que ses observateurs ont faite du déroulement des élections et de la campagne qui les a précédées, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) veut entamer la coopération la plus étroite avec le Parlement issu de la consultation populaire du 25 novembre.
En annonçant samedi à Rabat la conformité globale des législatives anticipées aux règles qui régissent le genre dans le monde démocratique, Francine John Calame, l’un des chefs de file de la mission des observateurs de l’APCE, a exprimé la volonté de l’Assemblée de Strasbourg de renforcer sa coopération parlementaire avec le Maroc dans le cadre de la résolution 1818 adoptée en  2011 sur le statut de «partenaire pour la démocratie». Plus, a ajouté le porte-parole des observateurs européens, l’Assemblée encourage les autorités (marocaines) à intensifier leur coopération avec la Commission de Venise du Conseil de l’Europe afin d’améliorer la législation électorale. Cette législation électorale est, en effet, l’un des points noirs du pourtant très favorable rapport européen sur la performance électorale marocaine. Si en effet les observateurs de l’APE reconnaissent volontiers que «les élections législatives qui ont eu lieu au Maroc le 25 novembre 2011 se sont déroulées dans une atmosphère calme, les électeurs ayant pu faire leur choix librement entre les partis de différentes sensibilités politiques». Si, même, ils saluent l’augmentation du taux de participation et la capacité de mobilisation de l’électorat en dépit de la brièveté de la campagne, ils regrettent néanmoins que «les amendements à la législation électorale n’aient été adoptés que moins d’un mois avant le début de la campagne officielle». Ils regrettent également que 7 millions de Marocains en âge de voter n’aient pas été inscrits sur les listes électorales et aussi que la procédure de la procuration décidée pour les MRE «ne facilite pas l’exercice du droit de vote garanti par la Constitution». Enfin, ils regrettent que les femmes qui pourtant ont été nombreuses à voter aient été faiblement candidates et surtout presque totalement absentes des commissions électorales. Ils se sont toutefois félicités de ce que les dérapages constatés au cours de la consultation aient été en nombre insignifiant qui ne nuit pas aux résultats de fin de parcours. Priée par ALM de dire quels sont dans ces domaines ceux dont elle estime urgente la mise à niveau, Francine Calame a répondu que le plus important est de ne laisser personne de ceux qui sont en droit de voter en marge du processus démocratique. «La démocratie ne souffre pas l’exclusion», a-t-elle déclaré en substance. Interrogé par ALM sur le «satisfecit» assorti de «réserves techniques» délivré par les observateurs européens, le président du CNDH pense qu’il est globalement positif et qu’il augure d’une nouvelle étape dans la coopération avec les démocraties européennes, lesquelles sont souvent citées comme référence dans le monde. Driss Yazami s’est déclaré d’autant plus heureux de la teneur du rapport préliminaire des observateurs de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe que c’est à l’initiative du CNDH qu’ils ont mené leur mission dans le Royaume.

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