L’IER vue par ses hommes

Après un an de travail, allant dans le sens que la vérité sur les années de plomb éclate au grand jour, que les victimes de longues années de répression soient réparées et que le Maroc puisse ne plus jamais connaître les dépassements passés en matière de droits de l’Homme, la mission de l’IER, est-t-elle accomplie ?
Si la question ne trouvera de réponse définitive qu’à travers les épreuves du temps, le baromètre étant le processus de démocratisation que connaît le Maroc, les hommes de l’Instance restent, eux, confiants quant aux réalisations déjà accomplies, les pas franchis, en matière de droits de l’Homme. A commencer par la tenue même des différents auditions publiques et thématiques qu’a organisée l’Instance.
Sur le plateau de l’émission Hiwar, le président de l’IER, Driss Benzekri  parlait d’une « approche distinguée» adoptée pour tourner la page des violations des droits de l’Homme au Maroc et réhabiliter les victimes de ces agissements.
Une approche derrière laquelle  se trouve la convergence des fermes volontés de S.M. le Roi, de l’Etat, de la classe politique et de la société civile . M. Benzekri a rappelé que l’IER «s’est principalement focalisée sur les violations par l’Etat des droits de l’Homme dans le cadre de ce qui est communément appelé la responsabilité politique de l’Etat». Il a également évoqué les rencontres tenues avec les victimes ou avec certains des membres de leurs familles et les tournées qui ont concerné, jusqu’à présent, plusieurs régions du Royaume ainsi que l’accueil favorable réservé à l’action de l’IER, notamment par les victimes elles-mêmes.
Dans un entretien accordé mardi 8 mars 2005 à l’agence Maghreb Arabe Presse (MAP) Salah El Ouadie, membre de l’IER a indiqué que les séances organisées jusqu’à cette date,  démontrent que les objectifs attendus de la tenue des auditions publiques ont été atteints.
Ces auditions « se sont inscrites dans le patrimoine culturel commun des Marocains et se sont ancrées dans l’âme collective en tant qu’initiative de réconciliation avec soi-même et avec l’histoire ».  Ces séances, a-t-il poursuivi, ont également permis de «  réhabiliter les victimes dans leur dignité tout en constituant une phase pédagogique qui traduit avec insistance l’importance de la prévalence des droits de l’homme dans notre société tels qu’ils sont universellement reconnus».
Salah El Ouadie a par ailleurs affirmé que l’impact positif des auditions est en adéquation avec les rencontres de dialogue organisées en février et mars derniers par l’Instance et diffusées sur 2M. Ces rencontres, a-t-il dit, contribuent à la clarification de certains aspects du contexte historique dans lequel se sont déroulées les violations et permettent à l’opinion publique de percevoir le danger que représente le manque de respect pour les droits de l’Homme. A travers ces rencontres, a-t-il souligné, l’Instance cherche à nourrir et à accompagner un dialogue national élargi à propos des réformes nécessaires à divers niveaux juridiques, institutionnels, législatifs, économiques et éducationnels, lesquelles réformes sont à même d’empêcher que de telles violations se répètent. Concernant les auditions qu’organise l’Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH) pour des victimes de violations des droits de l’Homme, M. El Ouadie a estimé qu’il s’agit là «d’une activité normale et légitime qui rentre dans le cadre de la pratique de la liberté d’expression par les associations de la société civile».
Mais, la réconciliation, est-elle irrévocable pour autant ? Dans une interview accordée au journal français l’Humanité Driss Yazami, autre membre de l’Instance, soulignait que la réconciliation « consiste à mettre en place des dispositifs permettant de gérer pacifiquement le pluralisme politique, y compris avec les militants islamistes». «La réconciliation, ce n’est pas le consensus…» C’est bien davantage la gestion pacifique de la divergence politique et culturelle ». Le chantier est d’ores et déjà entamé.

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