L’importance de l’armement saisi à Casablanca et à Nador montre la détermination des terroristes

De nouveaux rebondissements dans l’affaire du démantèlement du réseau terroriste d’Abdelkader Belliraj, qui s’est soldé, mardi dernier, par une nouvelle vague d’arrestations parmi ses membres. Le Premier ministre Abbas El Fassi a décrété, hier matin, la dissolution du parti islamiste « Al Badil Al Hadari », dont deux dirigeants ont été arrêtés lundi soir à Casablanca, en l’occurrence le secrétaire général Mustapha Moâtassim et le porte-parole Mohamed El Amine Ragala. Dans un communiqué, diffusé hier, la Primature a invoqué des « liens avérés » entre le parti dissous et le réseau jihadiste, accusé de « se préparer à perpétrer des actes de violence sur le territoire national ». En rapport avec cette accusation, et dans le cadre du démantèlement du réseau Belliraj, un Marocain résidant en Belgique, les services de sécurité ont réussi à découvrir, dans les villes de Casablanca et Nador, un important arsenal d’armes. Des perquisitions effectuées dans les domiciles et locaux où résidaient ou travaillaient les personnes arrêtées ont permis la découverte d’importants lots d’armes et de munitions, d’artifices pyrotechniques, ainsi que des articles qui devaient servir à garantir l’anonymat des auteurs des crimes planifiés, a indiqué hier un communiqué du ministère de l’Intérieur. Selon le même communiqué, les investigations menées par la police judiciaire ont permis de déterminer également l’origine du financement du réseau Belliraj, qui provient principalement de braquages, de recels et de contributions directes de membres de la structure terroriste. Dans ce cadre, ajoute le communiqué, le braquage, réalisé en 2000, du siège central de « Brinks » au Luxembourg, par un membre du réseau Belliraj, avec la complicité de truands européens, dont le butin a été d’une valeur de 17,5 millions d’euros, a permis à cette structure d’introduire au Maroc, en 2001, l’équivalent d’un montant de 30 millions de dirhams. Cette opération, menée avec succès par les fins limiers de la Sécurité nationale, a levé un large pan du voile sur le dessein du réseau jugé «très dangereux», qui projetait de perpétrer des attentats terroristes dans différentes villes où il compte plusieurs dizaines d’antennes bien organisées et qui étaient prêtes à passer à l’acte, notamment sur des sites touristiques à Marrakech, Agadir, Casablanca, Oujda, Tanger, pour ne citer que ces grandes villes. La révélation de ces nouveaux éléments s’inscrit dans le cadre d’un vaste coup de filet antiterroriste, qui a abouti à l’arrestation d’un total de 32 personnes, dont les profils sont, géographiquement et professionnellement, très variés. Les résultats de l’enquête ont d’abord révélé des connexions entre le réseau Belliraj et des dirigeants de partis islamiques, voire de la gauche dite d’opposition. Dans ce cadre, et outre la mise en garde à vue de Mustapha Moâtassim et Mohamed El Amine Ragala, qui sont deux dirigeants fondateurs du parti « Al Badil Al Hadari », les services de sécurité ont procédé, mardi dernier, à la mi-journée, à l’arrestation d’un membre du Parti de la justice et du développement (PJD), en l’occurrence Alaa Badella Ma-El Aïnin, d’un membre du PSU à Oued Zem, Hamid Najibi (professeur de son état), et d’un correspondant marocain de la chaîne « Al Manar » du Hezbollah, Abdelhafid Sriti. Dans la foulée de ces arrestations, un commissaire de police, dénommé Mohamed Chaâbaoui, a été appréhendé. Pour le reste, les profils des personnes arrêtées renseignent sur leur appartenance, de manière générale, à la classe moyenne (voir la liste des personnes arrêtées en page 4).
Ces nouveaux développements ont suscité des réactions divergentes au sein de l’opinion publique nationale. Si certains n’ont pas caché leur étonnement quant à l’arrestation de responsables politiques, notamment parmi le PJD, « Al Badil Al Hadari », « Hizb Al Oumma » (interdit), et le PSU, les révélations policières faites hier par le ministère de l’Intérieur, et la décision du Premier ministre El Fassi de dissoudre le parti de MM. Moâtassim et Ragala, convergent sur un même constat : des «liens avérés» entre le réseau terroriste démantelé et les dirigeants politiques en question. Ces développements, semble-t-il, n’ont pas été jugés suffisants du côté des partis incriminés. Contactés hier par ALM, des sources au parti dissous « Al Badil Al Hadari » ont annoncé leur décision de tenir un sit-in, aujourd’hui jeudi à 17 heures, devant la gare de train de Rabat-ville. Pour le reste,  d’autres dirigeants politiques ont  préféré attendre l’issue de l’enquête judiciaire en cours pour se prononcer. L‘affaire n’a pas révélé tous ses secrets.


 

Liste de l’armement saisi

• 9 fusils kalachnikovs munis de leurs chargeurs.

• 2 fusils-mitrailleurs de marque «UZI» dotés de 6 chargeurs et d’un silencieux.

• 7 pistolets mitrailleurs de marque «SKORPIO», dotés de 10 chargeurs.

• 16 pistolets automatiques (de différentes marques et calibres), dotés de 19 chargeurs et de 5 silencieux.

• Un lot de munitions de différents calibres.

• Des mèches et détonateurs.

• Des aérosols paralysant et cagoules.

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