L’indignation sélective

Le sort des plus vieux prisonniers de guerre du monde entassés dans des conditions inhumaines dans les camps de Lahmada en Algérie, a été mis dans les oubliettes pendant près d’un quart de siècle. La communauté internationale avec ses institutions, ses ONG et ses Etats, ont longtemps compati avec les séquestrés de Tindouf sans jamais se soucier de la situation catastrophique des prisonniers de guerre marocains. Abominable notion des droits humains qui cultive une cynique discrimination dans la misère des uns et des autres d’autant plus qu’ils sont tous des Marocains. Pourtant le monde entier avait constaté de visu la précarité physique et morale des soldats marocains quand quelques centaines d’entre eux ont été libérés dans un état déplorable : physique squelettique, yeux creux et bouches édentées. Étrange indifférence des défenseurs des droits de l’homme face à la cruauté des bourreaux polisariens qui reçoivent en prime de l’aide internationale dilapidée par ailleurs par la vie ostentatoire que mènent Mohamed Abdelaziz et consorts. La défense des droits a deux vitesses quand il s’agit du Sahara marocain qui curieusement fait agiter plusieurs lobbies de toutes nationalités et de toutes races. Derrière le droit à l’autodétermination des peuples, derrière l’aide aux «réfugiés» séquestrés, se cache une autre idée et d’autres objectifs que celle de l’humanitaire. Le Maroc souverain, indépendant et monarchiste, dérange plus d’un. L’épouse de l’ancien chef d’Etat français, Danielle Mitterrand, qui se fait de l’autopromotion à travers son association «France liberté » a fait du Sahara marocain son livre de chevet. Malheureusement pour elle, le manuscrit qu’elle détient est plein de fautes politiques, géographiques et historiques. Elle ferme les yeux et défend bec et angle le Polisario et fait des réfugiés de Lahmada son cheval de bataille sans se référer au prononcé de la cour de justice de Lahaye, ni à l’accord de Madrid entre le Maroc et l’ex-pays colonisateur, l’Espagne. Si elle avait le coeur aussi tendre pour les malheurs des Marocains séquestrés à Tindouf, les prisonniers marocains ne sont-ils pas aussi des êtres humains qui souffrent encore plus. Et pourtant l’ex- première dame de France n’a jamais, dans ses plaidoiries humanitaires, évoqué le sort des prisonniers marocains qui croupissent dans les geôles du Polisario depuis près d’un quart de siècle. Les plus vieux prisonniers de guerre du monde qui n’ont jamais revu leurs familles ne figurent-ils pas dans le lexique qu’affectionne partialement Danielle Mitterrand. Il en est de même pour ses groupuscules du Parlement européen, qui télécommandés, mettent dans le collimateur le Maroc et ne pipe pas mot sur les prisonniers de guerre. Que ce soit certains députés socialistes ou écologiques, le refrain est le même et verse beaucoup plus sur l’affinité idéologique que sur les cas humanitaires. Sinon ils auraient pu défendre le cas d’un millier de prisonniers marocains dans cette enceinte parlementaire européenne où parfois on consacre toute une séance à un seul prisonnier de luxe. En Espagne et c’est devenu une rhétorique tout le monde se déploie pour défendre la cause d’«un peuple sahraoui » fictif. Que ce soit les chefs de partis (Basque et communiste), les ONG en mal de notoriété et bien sûr cette presse qui porte le Maroc dans son coeur, tout ce petit accorde ses violons pour accuser le Maroc et compatir avec les kidnappeurs de Tindouf. Mais les droits humains accordés gracieusement aux polisariens s’arrêtent là où commencent le calvaire des prisonniers marocains. Tout le monde fait l’impasse sur ce sujet. Ce virus antidroits humains a même attrapé un petit collectif de six détenteurs de prix Nobel pour que ces derniers découvrent pour la première fois que le Sahara marocain existe dans un petit coin du monde. Téléguidés par un groupe de soutien norvégien favorable aux thèses du Polisario et surtout de l’Algérie, ils ont demandé l’organisation d’un referendum au Sahara marocain. Fichtre ! Mais ça fait vingt ans qu’on en parle et c’est aujourd’hui qu’ils veulent le claironner au monde. Alfred Nobel doit avoir bougé dans sa tombe.

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